7.  Lriexız,  Pro  Memoria  (wahrscheinlich  für  Sranneım  1694).  35

sciences.  Son  premier  but  estoit  de  donner  des  livres  que  chaque  membre  entreprenoit
  de  publier  sur  quelques  sujets  naturels,  mais  plustost  de  curiosite  que  de
practique,  et  suivant  une  methode  qui  estoit  plus  propre  a  ce  qui  doit  servir  de
repertoire,  qu’a  donner  des  ouvertures.  Depuis  ils  se  sont  eleves  d’avantage,  et
ils  y  ont  joint  un  recueil  d’observations  annuelles,  parıny  lesquelles  il  y  en  a  beaucoup
  de  tres  utiles.  Mais  la  communication  entre  eux  est  assez  reservee,  aussi
bien  que  les  ınesures  necessaires  pour  avancer.  Enfin  toutes  ces  societes  se  bornant
a  certaines  matieres,  ne  Sgauroient  jouir  assez  des  utilites  qui  resultent  des  coınbinaisons
  des  sciences  differentes,  et  des  veues  generales  de  la  perfection  humaine.

27.  ll  y  a  un  grand  point,  qui  ınanque  &amp;  ces  societes  (excepte  l’Academie
Royale  des  sciences  de  Paris),  c'est  qu’elles  n’ont  pas  de  quoy  faire  des  depenses
un  peu  considerables.  Ainsi  elles  ne  sgauroient  tenter  des  entreprises  capables  de
faire  un  grand  effect  en  peu  de  temps.  Et  cependant  c’est  le  principal  a  quoy
!'on  doit  buter.  Car  le  temps  est  la  plus  pretieuse  de  toutes  nos  choses:  c’est  la
vie  en  effect.  Ainsi  si  nous  nous  amusons  &amp;  aller  au  petit  pas,  nous  ne  nous
appercevrons  gueres  de  nos  progres.  Et  a  peine  d’autres  siecles  (peutestre  assez
recules)  commenceront  enfin  de  profiter  de  nos  travaux.  J’avoue  que  nous  devons
travailler  pour  la  posterite.  On  bastit  souvent  des  maisons,  ou  l’on  ne  logera  pas;
on  plante  des  arbres,  dont  on  ne  ınangera  pas  les  fruits.  Mais  lorsqu’on  peut
encor  jouir  luy  ımeme  de  sa  peine,  c’est  une  grande  imprudence  de  le  negliger.

(28.  Je  crois  qu’il  y  auroit  moyen  de  trouver  ces  fonds,  sans  que  le  public
füt  oblige  de  faire  des  frais,  et  sans  que  les  particuliers  fussent  obliges  a  des  contributions
  entre  eux.  L’Angleterre  ım’y  paroist  propre  surtout  pour  bien  des  raisons.
Mais  c’est  une  ınatiere  qui  merite  un  discours  a  part.  Et  s’il  y  avoit  quelque
apparence  de  faire  gouster  ces  desseins  a  des  personnes  considerables  et  eclairees,
on  pourroit  s’y  etendre  d’avantage  par  des  ouvertures  qui  surpasseroient  peutestre
ce  qu’on  en  peut  attendre)'.

me
lo
(Vergl.  Geschichte  der  Akademie  S.  43).

Leısxız,  ProMemoria  füreinen  brandenburgischen  Staatsmann,  wahrscheinlich
  Sranseım  (undatirt,  aber  sehr  wahrscheinlich  aus  dem
Jahre  1694).

[Krorr,  Die  Werke  von  Leisniz.  10.  Bd.  S.  21  ff.)

Toutes  les  personnes  Eclairees  et  inforınees  de  ce  qui  se  passe,  conviennent
que  les  pays  sont  fleurissans,  lorsqu’outre  les  productions  de  la  nature  il  y  a  du
travail  et  de  l’industrie,  soutenue  par  la  consomtion  avantageuse.  Ce  qui  fait  que
le  peuple  se  multiplie,  que  le  pays  est  cultive,  et  que  l’argent  est  attire.

L’on  scait  aussi  que  l’Allemagne  est  venue  assez  tard  &amp;  ouvrir  les  yeux  ladessus.
  Cette  negligence  estoit  plus  supportable,  lorsque  nos  voisins  en  usoient  de
meme.  Mais  depuis  que  les  Francois  et  les  habitans  des  Pays-Bas  se  sont  tant
evertues  en  matiere  de  commerce  et  de  manufactures,  la  difference  entre  l’industrie
des  uns  et  l’assoupissement  des  autres  est  devenue  trop  remarquable,  et  les  effects
ont  este  rendus  trop  sensibles  par  l’ecoulement  de  l’argent  de  l’Empire;  de  sorte
qu’il  y  a  eu  quantit&amp;  de  predicateurs  politiques,  qui  ont  fait  des  sermons  la-dessus,
et  que  plusieurs  princes  eclaires  ont  pris  l’affaire  a  coeur,  pour  conserver  &amp;  leurs
sujets  ce  que  les  etrangers  gagnent  sur  eux.

!  J,gıeBxız  selbst  hat  diesen  letzten  Absatz  durchstrichen,  d.  h.  er  hat  wohl  ein  älteres
Concept  für  einen  anderen  Adressaten  —  vermuthlich  für  Sraxneım  oder  einen  anderen
brandenburgischen  Staatsmann  —  zurecht  gemacht.

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