8.  Leiexız,  Pro  Memoria  (wahrscheinlich  für  Seaxueıs  1694).  37

de  finances  ou  de  guerre,  ne  sgauroient  entrer  dans  ces  details  qui  demandent
des  genies  qui  y  prennent  goust,  et  ont  besoin  d’une  application  toute  particuliere.

Il  faudroit  non  seulement  des  personnes  choisies,  qui  ayent  de  l’application
et  des  lumieres,  mais  encor  qui  soyent  d'un  grand  desinteressement,  et  qui  se  proposent
  plustost  la  gloire  et  la  satisfaction  de  procurer  le  bien  general,  que  d’amasser
de  grandes  richesses.  On  n’en  trouve  pas  tousjours  de  cette  sorte,  mais  on  en
trouve  pourtant  dans  le  monde.

Le  conseil  seroit  etabli  dans  la  ville  capitale  ou  residence  ordinaire  du  prince,
et  cependant  toutes  les  provinces  y  auroient  une  certaine  relation  par  le  moyen
des  personnes  propres,  qu’on  auroit  en  differens  endroits  avec  charge  de  donner
des  inforınations,  et  avec  pouvoir  de  concourir  a  la  fin  qu’on  se  propose.  Et  le
tout  se  pourroit  faire  d’une  maniere  qui  ne  derogeroit  point  aux  privileges  et
interests  des  differentes  provinces,  auxquels  un  prince  doit  avoir  egard  pour  ne
pas  donner  sujet  a  des  ınecontentemens.

L’objet  de  ce  conseil  seroit  non  seulement  ce  qui  regarde  les  manufactures
et  le  commerce,  ınais  encor  l’agriculture,  le  dessechement  des  marais  inutiles,
l’abonuissement  des  terres,  la  plantation  des  simples,  fruits,  herbes,  arbres  et
autres  vegetables,  propres  tant  a  la  nourriture  des  hommes  et  des  animaux,  aux
bastimens,  a  la  peinture  et  autres  usages;  la  recherche,  essay  et  bonification  des
mineraux,  ınetaux,  sels,  et  autres  materiaux  seınblables;  la  propagation  des  animaux
  utiles  aux  homınes  de  la  maniere  la  plus  propre  a  en  tirer  usage;  la  conservation
  de  la  sante  des  peuples  par  de  bons  ordres,  surtout  a  l’egard  des  maladies
epidemiques;  et  quantite  d’autres  affaires  de  police.  Mais  surtout  l’education  de
la  jeunesse  autant  qu’il  s’agit  de  rendre  les  jeunes  gens  laborieux  et  industrieux,
laissant  a  part  le  soin  des  ecoles  publiques,  qui  appartient  aux  consistoires.  Enfin
on  auroit  encor  pour  objet  les  arts,  les  sciences,  les  experiences  et  les  etudes,
autant  que  toutes  ces  choses  ont  rapport  non  pas  a  la  theologie  et  aux  facultes
Academiques  des  Universites,  mais  a  la  practique  des  beaux  arts,  qui  fournissent
les  commodites  et  les  ornemens  de  la  vie  commune.  Car  ces  sciences  et  ces  arts
donnant  les  regles  qui  dirigent  l’execution  des  ouvriers,  il  est  visible  que  la  separation
  de  la  theorie  et  de  la  practique  rend  la  science  sterile  et  la  practique  imparfaite.

ll  resteroit  seulement  de’  parler  de  la  maniere  de  faire  en  sorte  qu’une  telle
asseınblee  ne  soit  point  a  charge  au  commencement.  Car  dans  la  suite  bien  loin
d’estre  a  charge,  elle  produira  de  grands  fruits.  11  faudroit  parler  encor  de  beaucoup
  de  particularites  qui  regarderoient  tant  son  etablissement,  que  son  employ
et  usage.  Mais  ce  n’est  pas  le  lieu  icy  d’entrer  dans  ce  detail,  qui  demande  une
plus  ample  discussion  et  une  connoissance  plus  particuliere  de  la  situation  des
choses.  Quand  il  s’agira  de  venir  au  fait,  on  ne  manquera  pas  de  recevoir  et
de  donner  des  notices  plus  particulieres.

8.

(Vergl.  Geschichte  der  Akademie  S.  43).

Leisenız,  Pro  Memoria  für  einen  brandenburgischen  Staatsmann,  wahrscheinlich
  Spanueım  (undatirt,  aber  sehr  wahrscheinlich  aus  dem
Jahre  1694).

[Krorr,  Die  Werke  von  Leisxiz.  10.  Bd.  S.  26  ff.)

Les  princes  d’un  esprit  eleve  cherchent  la  gloire,  mais  ils  ne  la  trouvent
veritablement  que  lorsqu’ils  y  tendent  par  les  belles  voyes.  C’est  a  dire  non  pas
par  de  grandes  destructions  et  desolations,  mais  par  les  grands  biens  qu’ils  procurent
aux  hommes  et  particulierement  a  leurs  sujets.  C’est  par  ces  moyens  qu’un  prince