9.  Leisxız,  Pro  Memoria  (wahrscheinlich  für  Sranueın  1694).  39

erand  Prince  ne  sgauroit  estre  mieux  servi  que  lorsque  le  honheur  des  peuples
fait  le  sien.

Ce  qui  arrive  lorsqu’il  a  une  grande  multitude  de  sujets  contens  et  bien
conduits,  qui  ne  manqueront  pas  de  travailler  avec  toute  l’ardeur  imaginable  a  le
rendre  grand,  et  a  se  rendre  heureux,  puisque  l’un  est  lie  avec  l’autre.  Et  comme
Dieu  nous  tient  compte  du  moindre  bien  que  nous  avons  fait,  jusqu’a  un  peu  d’eau
donnee  a  un  pauvre  qui  a  soif,  il  ne  faut  point  douter  qu’un  grand  bien  qu’un
prince  a  procure,  n’entre  dans  les  degres  de  sa  felicite  future.

Sa  Serenite  Electorale  s’est  deja  signalee  avec  beaucoup  de  succes.  Sa
justice  et  sa  charite  sont  l’objet  de  l’admiration  et  de  la  reconnoissance  des  natifs
et  des  etrangers.  Ce  prince  a  attire,  engage  et  favorise  dans  ses  estats  plusieurs
milliers  de  personnes  opprimees  ailleurs,  qui  y  ont  apporte  des  arts  peu  connus
ou  peu  practiques  auparavant.  Il  a  d’excellens  hommes  a  son  service  dans  toutes
sortes  de  professions.  11  est  un  des  plus  grands  arc-boutans  de  cette  Alliance,
qui  fait  seule  la  seurete  de  l’Europe  et  le  maintien  de  la  liberte  publique,  aussi
bien  que  de  la  religion.  Et  pour  soutenir  la  guerre  dont  on  nous  a  impose  une
necessite  indispensable,  il  entretient  au-dela  de  40  mille  homınes  effectifs  de
tronppes  reglees,  sans  que  son  peuple  en  soit  foule.  Ce  sont  des  choses  de  bon
augure:  on  voit  par  la  qu’il  est  en  train  d’aller  bien  loin,  et  on  ne  voit  presque
rien  de  semblable  ailleurs.

Or  quoyque  ce  Grand  Prince  soit  tres  bien  servi,  et  que  la  penetration
zelee  de  son  preinier  ministre  ne  laisse  rien  Eechapper,  il  est  tousjours  constant
que  la  grande  variete  des  objets  ne  perınet  pas  aux  plus  grands  genies  d’envisager
tout  a  la  fois  avec  une  egale  attention.  Ce  qui  fait  que  le  plus  grand  et  le  plus
sage  ministre  de  l’univers  ne  refusera  point  d’ecouter  le  ınoindre  des  hommes  sur
les  matieres  que  cet  homme  peut  avoir  approfondies,  lorsqu’elles  tendent  au  bien
public.  Et  c’est  ce  qui  a  fait  prendre  la  liberte  de  toucher  ces  matieres  par  un
veritable  zele  pour  le  bien  coınmun,  avec  un  desinteresseinent  dont  on  a  donne
ailleurs  assez  de  preuves.

Tout  le  but  de  cecy  se  reduit  en  peu  de  mots,  a  des  moyens  d’introduire
dans  le  pays  des  etablissemens  glorieux  a  Sa  Serenite  Electorale,  avantageux  &amp;
Elle-meme  et  a  ses  sujets,  et  qui  soyent  capables  de  nous  procurer  de  nouvelles
lumieres  utiles  pour  les  sciences  et  les  beaux  arts,  et  le  tout  d’une  maniere  bien
loin  de  coüter  ou  de  charger,  se  payeroit  avec  usure.  Et  les  occasions  pour
introduire  et  etablir  ces  avantages  se  trouvant  presentement  fort  favorables,  par
des  raisons  toutes  particulieres,  sans  qu’on  se  puisse  tousjours  promettre  la  m&amp;me
facilite,  on  s’est  crü  d’autant  plus  oblige  de  les  mettre  sur  le  tapis,  sans  plus
de  delay.

9.

(Vergl.  Geschichte  der  Akademie  S.  43).

Leısexız,  Pro  Memoria  für  einen  brandenburgischen  Staatsmann,
wahrscheinlich  Spanneım  (undatirt,  aber  sehr  wahrscheinlich  aus
dem  Jahre  1694).

[Krorr,  Die  Werke  von  Leisxız.  10.  Bd.  S.  30  ff.  ]

Pour  donner  un  echantillon  des  choses  aisees  a  faire,  et  qui  sont  pourtant
d’une  tres  grande  utilite,  voicy  un  dessein  dont  on  est  le  maistre  et  qu’on  a  dans
son  pouvoir,  pourveu  qu’on  veuille  y  penser  efficacement.  Liaffaire  est  d’une
etendue  tres  ample  et  peut  avoir  des  suites  extraordinaires.

De  toutes  les  manufactures,  la  plus  simple  et  peut  estre  m&amp;eme  la  plus
iimportante  a  nostre  rapport  est  celle  de  la  toile.  Car  si  les  Italiens  ont  des  soyes,