ll.  Leienız,  Pro  Memoria  über  den  Berliner  Hof  (1696/97).  43

scachent  les  affaires.  M.  Ilgen  secretaire  d’Estat  est  le  seul  qui  expedie  les  choses.
Il  a  un  talent  adınirable  pour  mettre  tout  par  ecrit  en  latin,  francois,  allemand.
Aussi  ne  luy  corrige-t-on  rien,  et  on  ne  luy  dit  pas  ıneme  ce  qu’il  doit  mettre;
on  luy  dit  simplement  de  faire  une  lettre  ou  reponse  &amp;  un  tel,  de  faire  une
instruction  pour  un  ministre,  sans  luy  dire  autre  chose.  M.  Fuchs  luy  rend  justice.
Mr.  Danquelman,  quoyqu’il  luy  soit  d’un  grand  secours,  le  traite  un  peu  plus
raidement.  Il  se  sert  de  luy  en  toutes  les  affaires  d’Estat,  quoiqu’il  ait  aussi  ses
xens  &amp;  lJuy  et  ses  correspondances  &amp;  part,  oü  il  se  sert  fort  de  Mr.  Cuneau.  On
laisse  les  affaires  de  justice  a  Mr.  R.,  et  dans  le  conseil  on  demande  ouvertement
par  plaisanterie,  combien  de  ducats  a  valu  la  sentence.

Mr.  de  Spanlıeim  a  soin  des  affaires  des  refugies.  Mais  son  merite  n'est  pas
trop  reconnu.  les  3000  Ecus  qu’on  luy  donne,  ne  sgauroient  suffire  a  Berlin,
faisant  la  figure  qu’il  est  oblige  de  faire  coınme  Ministre  d’Estat  actuel.  Mr.  Fuchs
a  8000  d’appointement  fixe.  Le  Marechal  general  Fleming  jouit  de  3000  e&amp;cus.
Il  v  a  des  secretaires  qui  ont  5000  Ecus  comme  Bek  (comme  je  crois)  secretaire
de  guerre.  Mr.  Bacmeister  a  deplu  a  Mr.  Danquelinan,  parcequ’il  a  fait  entrer  son
frere  dans  le  service  de  Chancellerie  de  guerre,  als  Canzlist,  par  des  voyes  extraordinaires,
  qui  n’avoient  pas  plu  a  Mr.  de  Danquelman.  C’est  pourquoy  il  l’a  fait
revoquer.  Mr.  Heusch  secretaire  que  nous  avons  envoye  la,  n’est  pas  trop  bien
traite,  et  on  ne  luy  fait  gueres  de  civilite.  11  seinble  que  tout  le  monde  le  fuit
a  la  cour,  quoyqu’il  soit  de  la  religion.

Non  obstant  cette  feinte  moderation  a  l’egard  des  Lutheriens  on  trouve  qu’en
cas  de  quelque  vacance  un  reforme  est  tousjours  prefere,  quand  ilseroit  .......
au  prix  de  l’autre.  Mr.  Caniz  n’a  pas  encore  pü  obtenir  le  conseiller  d’estat,  non
obstant  ses  merites,  parcequ’il  est  lutherien.

Mons.  de  Danqueliman  a  15000  Ecus  de  l’Electeur  pour  sa  table,  mais  il  n’a
qu’une  petite  table  pour  peu  de  personnes,  et  ne  traite  gueres.  Apres  tout  cela
il  fait  gloire  de  boire  et  y  reussit  effectivement  a  merveille..  On  apprehende  cependant
  qu’il  ne  devienne  hydropique;  aussi  les  pieds  luy  sont  fort  enfles.

L’Electrice  ne  se  me&amp;le  de  rien,  et  passe  sa  vie  en  entendant  la.  musique.
On  n’a  pas  le  moindre  €gard  a  ses  recomınendations,  et  il  semble  meme  qu’on
prend  le  contrepied.  Comıne  elle  est  honneste  et  genereuse,  elle  ne  sgauroit  souffrir
certains  badinages  et  puerilites,  et  ne  scgauroit  se  contraindre  ny  deguiser  ses
sentimens.

Il  se  forme  un  parti  des  seigneurs  du  pays:  Swerin,  Caniz  et  semblables,
qui  pourroit  un  jour  faire  des  affaires  a  Mess.  de  Danquelınan,  alla  fratellanza.
Il  y  a  encore  une  faction  de  Mad.  Colb.  Elle  estoit  fille  d’un  receveur  du  pays
de  Cleves  aupres  d’Emmeric,  a  qui  on  a  donne  depuis  le  titre  de  conseiller.  Un
valet  de  chambre  de  l’Electeur  des  plus  favorises  l’epousa,  lequel  s’estant  gaste
par  ses  debauches  et  estant  mort,  Mr.  Colb  Grand  Chambellan  de  l’Electeur  !Y'a
epousee.  C’est  un  homme  qui  ne  se  m&amp;le  d’aucunes  affaires,  ınais  ayant  tousjours
entrce  aupres  de  l’Electeur,  il  peut  faire  quelque  chose,  surtout  sa  femme  estant
favorite  et  siinsinuant  par  des  manieres  badines  et  licentieuses.  Mad.  de  Danquelman
a  des  brouilleries  avec  elle,  parce  que  la  femme  du  Grand  Chambellan  doit  avoir
le  premier  rang,  que  Mad.  Danquelman  ne  veut  point  luy  accorder.  L’Electrice
aussi  ne  veut  point  accorder  &amp;  cette  feınme  les  honneurs  qui  luy  appartiendroient
autrement  a  cause  de  la  charge  du  mari.  Elle  a  place  a  la  cour  malgre  Mr.
de  Dan«uelman,  et  on  croit  que  plusieurs  profitent  de  cet  exemple,  et  se  serviront
de  cette  voye.  Mr.  Fuchs  et  Mr.  Besser  ont  este  autrefois  de  ses  galans  a  ce
qu’on  dit.

Le  Prince  Electoral  est  extremement  raisonnable,  et  le  comte  de  Dolına,
son  gouverneur,  est  un  seigneur  des  plus  honnestes  et  des  plus  raisonnables.  Le