54  19.  Leisxız  an  die  Kurfürstin  Sorme  CuArLotte  (11.  August.  1698).

den  geringsten  Schein  sehe.  Im  Übrigen  finden  sich  wohl  bifsweilen  einige
Schwuhrigkeiten  in  der  bewulsten  Sache,  so  doch  ınit  guther  Manier  zu  überwinden
und  hoffe  ich,  dafs  etwas  Fruchtbarliches  auszurichten  seyn  werde,  wenn  man  mit
nothiger  Circumspection  verfähret;  da  von  vielleicht  ein  mahl  ein  mehrers  wenn
ich  die  Ehre  haben  solte  zu  Berlin  aufzuwarten,  wie  es  der  Chr.  Durchl.  nicht  entgegen
  zu  seyn  geschienen,  aber  die  Veränderung  allhier  dazwischen  kommen.

19.

(Vergl.  Geschichte  der  Akadeniie  S.  60).

Lrı»nız,  Briefan  die  KurfürstinSorpuiEeCHARLoTTE  vom  II.  August  1698.
[Krorr,  Die  Werke  von  Leiexiz.  10.  Bd.  S.  soft.)

Lorsque  vostre  Serenite  Electorale  nous  quitta,  il  n’y  eut  que  l’esperance
de  Son  promt  retour  qui  nous  püt  consoler;  car  on  jugeoit  alors  qu'il  y  auroit
un  abbouchement  de  Msgr  l’Electeur  son  Epoux  avec  le  Roy  de  la  Grande  Bretagne,
  qu’on  attend  dans  ce  voisinage.  Or  comme  j’avois  encore  beaucoup  a  dire
a  V.St  E.  sur  le  personnage  qu’elle  feroit  admirablement  bien  de  protectrice  des
belles  sciences,  personnage  que  peutestre  personne  de  son  sexe  n'a  encore  fait,
je  me  flattois  que  j’en  trouverois  le  temps  alors.  Mais  estant  dernierement  a  Linsbourg
  avec  nostre  cour,  j’appris  que  le  bonheur  de  La  revoir  maintenant  icy,  nous
pourroit  manquer.  Je  laisse  juger  V.  St  E.  de  ma  surprise!  Je  bastissois  deja
des  observatoires,  et  je  fabriquois  des  telescopes,  des  machines  celestes  et  d’autres
chasteaux  en  Espagne  que  voila  maintenant  par  terre.  Mais  le  zele  que  j’ay  pour
la  gloire  de  V.S.E.  me  fournissoit  encore  une  autre  raison  de  souhaiter  qu’Elle
füt  chez  nous  dans  le  temps  que  le  Roy  viendroit  en  ce  pays-cy,  c’est  que  je
souhaiterois  qu’Elle-ıneme  et  le  Grand  Electeur  son  Epoux  fussent  traites  a  la
royale,  puisqu’il  se  presenteroit  dans  la  presence  meme  de  sa  M®,  si  tout  estoit
bien  concerte,  l’occasion  tres  propre  a  faire  paroistre  aux  yeux  une  digne  parification
  de  vos  Serenites  Electorales  avec  les  testes  couronnees,  estant  sans  doute
prestes  a  faire  pour  cela  tout  ce  qui  depend  d’elles.  A  ecouter  le  public  et  me&amp;me
les  Francois,  cette  Entreveue  a  este  creue  infaillible  pour  les  grandes  raisons  du
bien  public.  Plüt  a  Dieu  que  les  amis  et  les  ennemis  ne  se  trompassent  point!  —
Car  si  nous  n’en  tirions  point  d’autre  avantage,  celuy  du  retour  de  V.S.  E.  nous
donneroit  au  moins  un  des  plus  grands  contentemens  que  nous  pourrions  recevoir.
Cependant  le  monde  n’a  pas  grand  fond  de  s’imaginer  de  si  belles  choses.  J’avone
que  T’abbouchement  qu’on  esperoit,  y  seroit  propre.  Mais  quand  il  n’arriveroit
pas,  la  providence  de  Dieu  se  servant  de  la  sagesse  de  ces  grands  princes  sur
lesquels  on  jette  les  yenx,  y  pourvoira  d’une  maniere  suffisante.

Outre  cela  je  m’estois  imagine  quw'il  y  avoit  encore  de  grandes  raisons  du
bien  public  pour  Yentreveue.  L’Angleterre  et  le  Brandebourg  sont  sans  doute  les
plus  grands  soutiens  de  la  libert@  publique  et  de  la  religion  protestante.  Le  danger
olı  est  le  roy  d’Espagne  fait  que  nous  sommes  a  la  veille  d’une  revolution  aussi
grande  que  celle  qui  suivit  l’entreveue  de  Minde  immediatement  avant  la  guerre
passce.  Des  marques  semblables  d’une  parfaite  union  encourageroient  a  present  les
bien  intentionncs.  Et  il  semble  que  le  moinent  fatal  d’oü  depend  le  salut  de  l’Europe,
presse  plus  que  jamais.  d’autant  que  le  danger  de  l’Angleterre  meme  paroist  estre
differe  plustost  que  cesser.  Toutes  ces  considerations  ont  fait  croire  au  inonde  et
aux  Frangois  meme  qu’on  prendroit  des  mesures  importantes  a  l’arrivee  du  Roy.

Le  monde  sans  cela  s’imagine  plusieurs  autres  motifs  fort  importants  por
vouloir  une  telle  entreveue.  I  seroit  a  souhaiter  qu’il  ne  se  trompe  pas.  Mais
Jay  peur  que  le  voyage  du  roy  ne  soit  plustost  une  partie  de  chasse  qu’une  visite