130  60.  Leisxız  über  die  Astronomin  M.  Kıren.

essence  de  toute  l’histoire,  et  une  multitude  d’historiettes  dont  sa  memoire  prodigieuse
  n’avait  Jaisse  echapper  aucune  circonstance.  Falloit-il  tant  etudier  pour
mourir  au  bout  de  quatre-vingts  ans?  ou  plutöt  ne  devait-il  point  vivre_  eternellement
  pour  recomnpense  de  ses  belles  etudes?

Les  ouvrages  qui  nous  restent  de  ce  savant  prodigieux  ne  le  font  pas  assez
connaitre,  a  mon  avis.  L’endroit  par  lequel  M.  de  La  ÜUroze  brilloit  le  plus,  c’etait,
sans  contredit,  sa  memoire;  il  en  donnoit  des  preuves  sur  tous  les  sujets,  et  l’on
pouvait  compter  qu’en  linterrogeant  sur  quelque  objet  qu’on  voulüt,  il  etait  present,
et  vous  citoit  les  Cditions  et  les  pages  ol  vous  trouviez  tout  ce  que  vous  souhaitiez
d’apprendre.  Les  infirmites  de  läge  n’ont  diminue  en  rien  les  talents  extraordinaires
  de  sa  memoire,  et  jusqu’au  dernier  moment  de  sa  vie,  il  a  fait  amas  de
tresors  d’erudition,  que  sa  mort  vient  d’enfouir  pour  jamais  avec  une  connoissance
parfaite  de  tous  les  systemes  philosophigues,  qui  embrassoit  egalement  les  points
principaux  des  opinions  jusqu’aux  moindres  minnties.

M.  de  La  Croze  etait  assez  mauvais  philosophe,  il  suivoit  le  systeme  de
Des  Cartes,  dans  lequel  on  l’avait  eleve,  probablement  par  prevention  et  pour  ne
point  perdre  la  coutume  qwil  avoit  contractee,  depuis  une  septantaine  d’annees,
d’etre  de  ce  sentiment.  Le  jugement,  la  penetration,  et  un  certain  feu  d’esprit
qui  caracterise  si  bien  les  esprits  originaux  et  les  genies  superieurs,  n’etoient  point
du  ressort  de  M.  de  La  Croze;  en  revanche,  une  probite  cgale  en  toutes  ses  fortunes
le  rendait  respectable  et  digne  de  V'estime  des  honnetes  gens.

Plaignez-nous,  mon  cher  Voltaire;  nous  perdons  de  grands  hommes,  et  nous
nen  voyons  pas  renaitre.  1]  parait  que  les  savants  et  les  orangers  sont  de  ces
plantes,  qu’il  faut  transplante  dans  ce  pays,  mais  que  notre  terrain  ingrat  est
incapable  de  reproduire,  lorsque  les  rayons  arides  du  soleil  ou  les  gelees  violentes
des  hivers  les  ont  une  fois  fait  sccher.

60.

(Vergl.  Geschichte  der  Akademie  S.  115).

L£Eıssız,  Urtheil  über  die  Astronomin  M.  Kırceu.
[Aus  dem  Brief  an  die  Kurfürstin  Sormie  aus  Berlin,  geschrieben  im  Januar  1709,  gedruckt
bei  Krorr,  Die  Werke  von  Leiexız.  9.  Bd.  S.294  fl.;  der  Brief‘  war  vielleicht  dazu  bestimmt.
dem  Könige  vorgelegt  zu  werden.]

...  Jay  eu  honneur  iev  de  faire  la  reverence  a  la  Reine  (die  dritte  Gemahlin
Frie:pricn's  I.)  qui  ın’a  tEmoigne  de  la  bonte  sur  ce  que  Madame  la  princesse  Royale
luy  a  dit  d’avantageux  a  ınon  cgard.  Sa  Majeste  temoigne  de  la  curiosite.  I  ya
iey  une  feinme  des  plus  savantes,  qui  peut  passer  pour  une  rarete.  qui  ne  l’est  pas
dans  les  belles  lettres  et  dans  les  lettres  galantes,  mais  dans  les  doctrines  les  plus
profondes,  c'est  a  dire  dans  l’Astronomie  et  tout  ce  qui  en  depend,  en  sorte  qu'elle
peut  passer  pour  une  des  meilleures  raretes  de  Berlin.  La  Reine  m’a  donne  la  permission
  de  la  luy  presenter.  ce  que  je  feroy  aussitöt  que  la  commodite  de  sa  Maj.
le  permettra.  Je  ne  crois  pas  que  cette  femme  trouve  facilement  sa  pareille  dans
la  science  ou  elle  excelle.  Ele  est  pour  le  systeme  de  Copernie,  c’est  a  dire  pour
le  repos  du  soleil,  comme  sont  tous  les  savans  Astronomes  du  temps,  etilva
plaisir  a  l’entendre  defendre  ce  systeme,  meme  par  la  sainte  ceriture,  dans  la  lecture
de  Jaquelle  elle  est  bien  versee  aussi.  Elle  observe  comme  ponrroit  faire  le  meilleur
observateur,  et  sait  gouverner  aA  merveille  les  quarts  de  nonante,  et  les  grandes
lunettes  d’approche.  Les  Satellites  de  Jupiter  qu’on  ne  voit  que  par  ce  moyen.  font
un  de  ses  divertissements  ordinaires  par  leurs  variations.  Et  si  Mr.  de  Crosick