100.  Leissız  an  die  Kronprinzessin  Sorsie  Dororuza  (10.  December  1710.  197

dessein  de  ın'emp&amp;cher  d’y  pouvoir  revenir  honorablement  si  töt.
Je  ne  say  pas  encor  comment  ils  y  trouvent  leur  compte;  mais  je  crois  que  leur
maniere  d’agir  ne  sera  point  du  goust  de  V.A.R.  et  des  personnes  qui  jugent  des
choses  coınme  il  faut.  Et  je  suis  asseure  que  le  Roy  est  trop  juste  et  trop  genereux
pour  l’approuver.  Ces  raisons  et  celle  de  votre  bonte  pour  ımoy,  Madame,  m’encouragent
  a  vous  en  informer  et  a  recourir  &amp;  la  protection  de  V.A.  R.,  surtout  en
cas  qu’on  y  puisse  remedier  sans  difficulte  et  sans  bruit.  Voicy  le  detail  de  l’affaire,
yue  je  supplie  V.  A.  R.  de  menager.

Vous  saves,  Madame,  que  jaay  l’honneur  d’etre  President  de  la  Societe
Rovale  des  Sciences  de  Berlin,  depuis  sa  fondation.  On  m’ecrit  de  la  part  de  cette
meme  societe  encor  depuis  peu  de  jours  sur  ce  qui  la  regarde,  mais  on  ne  me
mande  pas  un  mot  d’un  dessein  concerte  sans  doute  depuis  quelque  temps,  qu’on
a  fait  eclater  dernierement  dans  une  Asseınblee  de  tous  les  Membres  presens  a  Berlin,
eonvoques  expres,  oü  Yon  a  elu  un  chef  de  cette  societe,  suivant  ce  qu’un  ami
me  ınande,  et  ce  chef  est  Monsieur  le  Baron  de  Printzen.  On  a  fait  aussi  de
nouveaux  reglemens  en  ındme  teınps.  Je  ne  ıne  plains  point  de  ce  ıninistre,  qu’on
aura  prie  de  faire  honneur  a  la  Societt  en  se  chargeant  de  cette  qualite,  et  qui
ne  saura  rien  de  la  maniere  dont  les  gens  de  la  cabale  en  ont  use  a  mon  egard,
indigne  d’eux  et  de  ınoy,  en  me  cachant  les  choses  que  je  devois  savoir  en  vertu
de  ına  charge.  Si  l’on  ın'en  avoit  donne  la  moindre  connoissance,  j’y  serois  intervenu
comme  de  raison,  pour  marquer  a  Monsieur  de  Printzen  la  joye  que  j’aurois  de
le  voir  prendre  la  supreme  direction  de  ce  corps,  et  j’aurois  ete  le  premier  a  l’en
prier,  jugeant  bien  que  sa  capacite  et  son  autorit@  pourront  rendre  la  societe  plus
tleurissante:  ainsi  ce  changement  se  pouvoit  faire  de  bonne  grace  par  rapport  a  ınoy.

La  place  de  President  n’a  pas  et&amp;  elective,  le  Roy  me  l’a  donnee,  et  le  Roy
me  la  peut  öter;  ınais  je  doute  que  Sa  Majeste  ait  ordonne  de  faire  les  choses  de
cette  maniere.  Je  n’ay  rien  fait  pour  ıneriter  un  mauvais  traitement:  j’ay  cte  a
Berlin  l’annee  derniere;  je  n’y  ay  point  ete  cette  presente  annee,  mais  outre  qu’elle
n'est  pas  encor  finie,  et  qu’en  effect  j’avois  le  dessein  d’y  aller  dans  peu  et  d'y
passer  une  partie  de  I'hyver,  pour  y  faire  ma  cour,  I’hyver  etant  le  temps  le  plus
propre  pour  cela;  outre  cela  dis-je,  on  ne  ın’a  jamais  oblige  a  une  presence  precise,
et  mon  absence  na  point  et&amp;  inutile.  J’ay  travaillE  l’annee  passee  aussi  bien  que
celle-cy  a  faire  paroitre  un  ouvrage  considerable  de  la  part  de  la  Societe.  Je  ne
say  sil  est  asses  goüte  a  Berlin,  mais  au  ınoins  des  etrangers  y  ont  applaudi.
Ainsi  l’on  ne  peut  point  dire  que  j’aye  manque  &amp;  ce  que  ma  place  exigeoit  de  moy.
Sils’est  fait  quelque  chose  de  bon  par  rapport  a  la  societe,  g’a  este  par  mes  soins
et  l’on  ne  ın’a  jamais  fait  connoistre  aussi  qu’on  se  plaignoit  de  moy;  cependant
dans  le  temps  oü  j’ay  porte  les  choses  avec  bien  de  la  peine  a  un  point  ou  le
public  les  attendoit,  l’on  vient  de  m’en  remercier  de  la  belle  maniere  comıne  je
viens  d’avoir  l’'honneur  de  la  raconter  a  V.  A.R.

Je  n’en  ay  pas  encor  aucune  nouvelle  de  ceux  qui  m’en  devoient  informer,
ıneme  par  avance.  Jls  ont  peutetre  eu  honte  de  leur  propre  procede;  cependant
je  ne  say  pas  si  l’on  ın'a  laissc  le  noın  et  les  honneurs  de  President,  ou  du  moins
d’ancien  President,  si  l’on  veut  que  je  m’en  mele  encor,  et  si  l’on  m’a  laisse  les
six  cens  ecus  d’appointeinent,  qui  pouvoient  &amp;tre  pour  les  frais  de  mes  voyages,
et  qui  ne  payoient  point  mes  soins:  mais  en  tout  cas  jay  grand  sujet  de  me  plaindre
de  ces  fagons  d’agir  par  surprise,  qui  marquent  un  dessein  de  me  prostituer.

Dans  cet  etat  des  choses  je  ne  trouve  point  de  meilleur  appuy  que  celuy  de
V.A.R.  pour  empecher  l’effect  de  ce  mauvais  dessein,  et  si  vous  avics  la  bonte,
Madaıne,  de  me  l’accorder  et  de  parler  a  M.  le  Baron  de  Printzen  sur  ce  sujet,
en  lJuy  ınarquant  que  V.  A.  R.  s’interesse  un  peu  pour  moy,  cela  suffiroit  peutetre
pour  ıne  faire  rendre  Justice.  Mais  je  La  supplie  en  meme  temps  de  luy  recommander