141.  Kronprinz  Friepeıca,  Bericht  über  die  Geschichte  der  Societät  (1737.  243

hernach  aber  künftiges  Jahr  im  December  die  Sammlung  der  Piecen  vornehmen.
Der  Vortrag  bleibt  dem  ohngeachtet  wie  in  der  Tabelle  angezeiget  worden.
Welches  Alles  dann  einhelligen  Beyfall  gefunden,  und  beliebet  worden,
  jeden  Mitglied  eine  Abschrift  von  gegenwätrtiger  Einrichtung  zu  seiner
Nachricht  und  Achtung  zuzustellen.

141.

(Vergl.  Geschichte  der  Akademie  S.  240).

Des  Kronprinzen  Frıirprıcn  Bericht  über  die  Gründung  und
Geschichte  der  Societät.
[Brief  an  Vorraıre  vom  6.  Juli  1737;  CEuvres  T.2ı  p.  77  ff.)

....  Frederic,  roi  de  Prusse,  prince  d’un  genie  fort  borne,  bon,  mais  facile,  a
fait  assez  fleurir  les  arts  sous  son  regne.  Ce  prince  aimait  la  grandeur  et  la  magnificence;
  il  etait  liberal  jusqu’a  la  profusion.  Epris  de  toutes  les  louanges  qu’on
prodiguait  a  Louis  XIV,  il  crut  que,  en  choisissant  ce  prince  pour  son  ınodele,  il
ne  pouvait  pas  manquer  d’etre  lou&amp;  a  son  tour.  Dans  peu  on  vit  la  cour  de  Berlin
devenir  le  singe  de  celle  de  Versailles;  on  imitait  tout,  ceremonial,  harangues,  pas
mesures,  mots  comptes,  grands  mousquetaires,  etc.  etc.  Souffrez  que  je  vous  epargne
l’ennui  d’un  pareil  detail.  La  reine  Charlotte,  epouse  de  Frederic,  etait  une  princesse
  qui,  avec  tous  les  dons  de  la  nature,  avait  regu  une  excellente  education.  Elle
etait  fille  du  duc  de  Lunebourg,  depuis  Electeur  de  Hanovre.  Cette  princesse  avait
connu  particulierement  Leibniz  a  la  cour  de  son  pere.  Ce  savant  lui  avait  enseigne
les  principes  de  la  philosophie,  et  surtout  de  la  metaphysique.  La  Reine  considerait
beaucoup  Leibniz;  elle  etait  en  commerce  de  lettres  avec  lui,  ce  qui  lui  fit  faire
de  frequents  voyages  a  Berlin.  Ce  philosophe  aimait  naturelleinent  toutes  les  sciences;
aussi  les  possedait-il  toutes.  M.  de  Fontenelle,  en  parlant  de  lui,  dit  tres  spirituellement
  qu’en  le  decomposant,  on  trouverait  assez  de  matiere  pour  former  beauconp
  d’autres  savants.  L’attachement  de  Leibniz  pour  les  sciences  ne  lui  faisait
jamais  perdre  de  vue  le  soin  de  les  etablir.  Il  concut  le  dessein  de  forıner  a
Berlin  une  academie  sur  le  modele  de  celle  de  Paris,  en  y  apportant  cependant
quelques  legers  changements.  I  fit  ouverture  de  son  dessein  a  la  Reine,  qui  en
fut  charmee  et  lui  promit  de  l’assister  de  tout  son  credit.

On  parla  un  peu  de  Louis  XIV;  les  astronomes  assurerent  qu’ils  decouvriraient
  une  infinite  d’etoiles,  dont  le  Roi  serait  indubitablement  le  parrain;  les
hotanistes  et  les  medecins  lui  consacreraient  leurs  talents,  etc.  Qui  aurait  pu
resister  a  tant  de  genres  de  persuasion?  Aussi  en  vit-on  les  effets.  En  moins  de
rien  l'observatoire  fut  eleve,  le  theätre  de  l’anatomie  ouvert;  et  l’Academie  toute
formee  eut  Leibniz  pour  son  directeur.  Tant  que  la  Reine  vecut,  l’Academie  se
sontint  assez  bien;  mais  apres  sa  mort  il  n’en  fut  pas  de  m&amp;me.  Le  Roi  son  epoux
la  suivit  de  pres.  D’autres  temps,  d’autres  soins.  A  present  les  arts  deperissent;
et  je  vois,  les  larmes  aux  yeux,  le  savoir  fuir  de  chez  nous,  et  l’ignorance,  d’un
air  arrogant,  et  la  barbarie  des  maurs,  s’en  approprier  la  place.  ...

Es  folgt  eine  Ausführung  über  das,  was  alle  Völker  den  Franzosen  in  den
Wissenschaften  verdanken.

Quant  aux  Allemands,  leur  defaut  n’est  pas  de  manquer  d’esprit.  Le  bon
sens  leur  est  tombe  en  partage;  leur  caractere  approche  assez  de  celui  des  Anglais.
Les  Allemands  sont  laborieux  et  profonds;  quand  une  fois  ils  se  sont  eınpares
d’une  matiere,  ils  pesent  dessus.  Leurs  livres  sont  d’un  diffus  assoınmant.  Si  on
pouvait  les  corriger  de  leur  pesanteur  et  les  fanniliariser  un  peu  plus  avec  les
Gräces,  je  ne  desespererais  pas  que  ma  nation  ne  produisit  de  grands  hommes.

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