244  142.  Frieoricn  II.,  Skizze  der  Geschichte  der  Sorietät  (1748).

Il  y  a  cependant  une  difficulte  qui  empe&amp;chera  toujours  que  nous  ayons  de  bons
livres  en  notre  langue;  elle  consiste  en  ce  qu’on  n’a  pas  fixe  l’usage  des  ımots;
et  comme  l’Allemagne  est  partagee  en  une  infinite  des  souverains,  il  n’y  aura  jamais
moyen  de  les  faire  consentir  a  se  soumettre  aux  decisions  d’une  academie.

Il  ne  reste  donc  plus  d’autre  ressource  a  nos  savants  que  d’ecrire  dans  des
langues  etrangeres;  et  comme  il  est  tres  difficile  de  les  posseder  a  fond,  il  est
fort  a  craindre  que  notre  litterature  ne  fasse  jamais  de  fort  grands  progres.  Il  se
trouve  encore  une  difficulte  qui  n’est  pas  moindre  que  la  preiniere:  les  princes
meprisent  güneralement  les  savants;  le  peu  de  soin  que  ces  messieurs  portent  a
leur  habillement,  la  poudre  du  cabinet  dont  ils  sont  couverts,  et  le  peu  de  proportion
  qu’il  y  a  entre  une  tete  meublce  de  bons  £crits  et  la  cervelle  vide  de  ces
seigneurs,  font  qu’ils  se  moquent  de  l’exterieur  des  savants,  tandis  que  le  grand
homme  leur  echappe.  Le  jugement  des  princes  est  trop  respecte  des  courtisans
pour  qu’ils  s’avisent  de  penser  d’une  maniere  differente,  et  ils  se  melent  €egalement
de  mepriser  ceux  qui  les  valent  mille  fois.  O  tempora!  o  mores!

142.

(Vergl.  Geschichte  der  Akademie  S.  240).

Frirdrıcn's  11.  Skizze  der  Geschichte  der  Societät  in  seiner  akademischen
  Abhandlung  »Des  maurs,  des  coutumes  et  de  l’industrie,  des
progres  de  l’esprit  humain  dans  les  arts  et  dans  les  sciences«.
[Mem.  de  l’Acad.  royale  1748  p.4ı2  ff.  (Euvres  T.  I  p.  230  ff.)

...  Ce  qu’il  y  eut  de  plus  remarquable,  et  ce  qui  interesse  le  plus  les  progres
  de  l’esprit  humain,  ce  fut  la  fondation  de  l’Acadeınie  royale  des  Sciences,  en
1700.  La  reine  Sophie-Charlotte  y  contribua  le  plus:  cette  princesse  avait  le  genie
d’un  grand  homme  et  les  connaisances  d’un  savant;  elle  croyait  qu’il  n’etait  pas
indigne  d’une  reine  d’estimer  un  philosophe.  On  sent  bien  que  ce  philosophe  dont
nous  parlons  etait  Leibniz;  et  comme  ceux  qui  ont  regu  du  ciel  des  ämes  privilegiees,
  s’elevent  a  l’egal  des  souverains,  elle  admit  Leibniz  dans  sa  familiarite;  elle
fit  plus,  elle  le  proposa  comme  seul  capable  de  jeter  les  fondements  de  cette  nouvelle
  academie.  Leibniz,  qui  avait  plus  d’une  äme,  si  j’ose  m’expriiner  ainsi,  etait
bien  digne  de  presider  dans  une  acadeınie,  qu’au  besoin  il  aurait  representee  tout
seul.  II  institua  quatre  classes,  dont  l’une  de  physique  et  de  medecine,  l’autre  de
mathematique,  la  troisieme  de  la  langue  et  des  antiquites  d’Allemagne,  et  la  derniere
  des  langues  et  des  antiquites  orientales.  Les  plus  celebres  de  nos  academiciens
  furent  ınessieurs  Basnage,  Bernoulli,  la  Croze,  Guglielmini,  Hartsoeker,  Ilermann,
  Kirch,  Römer,  Sturm,  Varignon,  des  Vignoles,  Werenfels  et  Wolff;  depuis
on  y  regut  mess.  de  Beausobre  et  Lenfant,  savants  dont  les  plumes  auraient  fait
honneur  aux  siceles  d’Auguste  et  de  Louis  XIV.  ...

Ce  siccle  ne  produisit  aucun  bon  historien.  On  chargea  Teissier  d’ecrire
’histoire  du  Brandenbourg:  il  en  fit  le  panegyrique.  Pufendorf  ecrivit  la  vie  de
Frederic-Guillaume;  et,  pour  ne  rien  omettre,  il  n’oublia  ni  ses  clercs  de  chancellerie
  ni  ses  valets  de  chambre  dont  il  put  recueillir  les  noms.  Nos  auteurs  ont.
ce  me  semble,  tonjours  peche  faute  de  discerner  les  choses  essentielles  des  accessoires,
  d’eclaireir  les  faits,  de  reserrer  leur  prose  trainante  et  excessivement  sujette
aux  inversions,  aux  nombreuses  Epithetes.  et  d’ecrire  en  pedants  plutöt  qu’en  hommes
  de  genie.  ...

Sous  Frederic  I.  Berlin  etait  l’Athenes  du  Nord;  sous  Frederic-Guillaume.
elle  en  devint  la  Sparte  ...  Mais  ce  qu’il  y  ent  de  deplorable,  ce  fut  que.  pendant
quon  faisait  des  arrangements  si  utiles  et  si  grands,  ou  laissa  tomber  dans  une