16%.  Frieprien  II.,  Ode  auf  die  Reorganisation  der  Akademie  (1748).  273

Sous  le  regne  honteux  de  l’aveugle  ignorance,
La  terre  etait  en  proie  a  la  stupidite;
Ses  tyranniques  fers  tenaient  sous  leur  puissance
Les  meimbres  engourdis  de  la  simplicite;
L’hommne  etait  ombrageux,  credule,  abject,  timide,
La  verite  parut  et  lui  servit  de  guide,
Il  secoua  le  joug  des  paniques  terreurs;
Sa  main  brisa  l’idole,
Dont  le  culte  frivole
Nourrissait  ses  erreurs.

Sur  la  profonde  mer  oüı  navigue  le  sage,
De  sa  faible  raison  uniquement  muni,
Le  ciel  n’a  point  de  borne  et  l’eau  point  de  rivage,
ll  est  environne  par  liiınmense  infini;
Il  le  trouve  partout  et  ne  peut  le  comprendre,
ll  s’egare,  il  ne  peut  ni  monter  ni  descendre,
Tout  offusque  ses  yeux,  tout  echape  a  ses  sens;
Mais  l’obstacle  l’excite,
Et  la  gloire  l’invite
A  des  travaux  constans.

Par  un  dernier  effort  la  raison  fit  paraitre
Ces  sublimes  devins  des  misteres  des  Dieux.
C’est  par  leurs  soins  que  l’'homme  apprend  a  les  connaitre,
lls  eclairent  la  terre,  ils  lisent  dans  les  cieux;
Les  astres  sont  decrits  dans  leur  oblique  course,
Les  torrens  decouverts  dans  leur  subtile  source,
lls  ont  suivi  les  vents,  ils  ont  pese  les  airs;
Ils  domtent  la  nature,
lls  fixent  la  figure
De  ce  vaste  univers.

L’un  par  un  prisme  adroit  et  d’une  main  savante
Detache  cet  azur,  cet  or  et  ces  rubis,
Qu’assemble  des  raions  la  gerbe  etincelante
Dont  Phabus  de  son  tröne  eEclaire  le  pourpris;
L’autre  du  corps  humain  que  son  art  exaınine
Decompose  avec  soin  la  fragile  machine,
Et  les  ressorts  caches  a  l’a@il  d’un  ignorant;
Et  tel  d’un  bras  magique
Vous  touche  et  communique
L’electrique  torrent.

Je  vois  ma  Deite,  la  sublime  eloquence,
Des  beaux  jours  des  Romains  nous  ramener  les  tems,
Ressuseiter  la  voix  du  stupide  silence,
Des  tlammes  du  genie  animer  ses  enfans;
Ici  couleut  des  vers,  la  se  dicete  l’histoire.
Le  bon  goüt  reparait,  les  filles  de  meinoire
Dispensent  de  ces  lieux  leurs  faveurs  aux  mortels;
N’ecrivent  dans  leurs  fastes
De  leurs  mains  toüjours  chastes,
Que  des  noms  immortels.

Geschichte  der  Akademie.  II.  18