208  171.  Expose  der  Akademie  über  die  König’sche  Sache  (März  1751).

M.d.  Leibnitz,  alleguant  dans  cette  vüe  un  fragment  de  certaine  Lettre,  qu’il  pretend
avoir  etc  eerite  autrefois  par  M.  de  Leibnitz  aM.  Herinann,  et  dont  voici  les  termes.
»L’action  n’est  point  ce  que  vous  pensez,  la  consideration  du  tems
»y  entre;  elle  est  comme  le  produit  de  la  masse  par  le  teıns,  ou  du  tems
„par  la  force  vive.  J’ai  remarque  que  dans  les  modifications  des  ınouve-„mens,
  elle  devient  ordinairement  un  maximum  ou  un  minimum.  On  en
»peut  deduire  plusieurs  propositions  de  grande  consequence;  elle  pourroit
»servir  a  determiner  les  courbes  que  decrivent  des  corps  attires  a  un  ou
»plusieurs  centres.  Je  vonlois  traitter  de  ces  choses  entr’autres  dans  la
»seconde  partie  de  ma  Dynamique,  que  jai  supprimee;  le  mauvais  accneil

»  que  le  prejuge  a  fait  a  la  preiniere,  ın'ayant  degoüte?«

Il  s’ensuivroit  de  ce  passage,  que  M.  de  Leibnitz  a  eu  non  seulement  une
connoissance  parfaite  de  ce  principe  sublime  de  la  moindre  action,  mais  meme  quwil
lui  etoit  si  familier,  qu'il  sien  etoit  servi  pour  determiner  ces  lignes  courbes,  que
parcourent  les  corps  attires  tant  par  un  que  par  plusieurs  centres:  ce  qui  a  rendu
d’abord  ce  fragment  fort  suspect.  d’autant  plus  que  la  Lettre  meme  de  M.  de  Leibnitz,
  d’ou  ce  fragment  doit  ätre  tirc,  n’a  jamais  ete  rendu&amp;  publique.  En  effet  il
S'agissoit  de  procurer  une  convietion  entiere  que  cette  Lettre  avoit  etc  eflectivement
ecrite  par  M.  de  Leibnitz,  en  indiquant  l'endroit  ou  l’Original  existoit:  autrement
un  semblable  teimoignage  ne  merite  aucune  creance,  surtout  dans  un  cas  tel  que
celui-ci,  et  qui  concerne  une  deconverte  aussi  importante.  (es  raisons  ont  faits
juger  quil  etoit  d’une  nccessite  indispensable  de  s’informer  plus  exactement  des
preuves  qui  pouvoient  justifier  l’authenticite  du  fragment  cite.  Et  d’abord,  comıne
on  a  recherche  si  soigneusement  et  public  tant  de  Lettres  de  M.  de  Leibnitz,  dans
lesımelles  on  a  lieu  d’appercevoir  et  admirer  ses  meditations  sublimes  en  tout  genre
de  science;  il  ne  paroit  assurcment  point  du  tout  vraisemblable  que  dans  un  Commerce
  Epistolaire  aussi  etendu,  M.  de  Leibnitz  ne  se  soit  jamais  ouvert  A  aucun
de  ses  Amis,  exceptc  M.  Hermann  seul  au  sujet  de  cet  admirable  principe  de  la
moindre  action.  On  scait  l’etroite  familiarite  qu’il  entretenoit  avec  le  celebre  M.
Jean  Bernoulli,  et  quiil  lui  parloit  souvent  fort  au  long  de  ses  lettres  des  ınatieres
surtout  de  la  Dynamique.  Cependant  on  ne  trouve  dans  tout  ce  Commerce  Epistolaire
  pas  le  moindre  indice,  qui  puisse  faire  juger  que  dans  ce  tems-la  il  eut
seulement  pense  a  ce  principe,  quoique  ces  lettres  renferment  plusieurs  discussions
sur  les  forces  vives  et  la  veritable  estimation  de  l’action.  Quand  on  pense  en  particulier,
  que  M.  de  Leibnitz  n’a  rien  cache  a  M.  Bernoulli  de  tout  ce  qui  pouvoit
confirmer  sa  nouvelle  Tlicorie  des  forces  vives,  et  deimontrer  toute  l’etendu&amp;  de  son
usage,  on  ne  scauroit  assurcment  imaginer  aucune  raison,  pourquoi  dans  cette  con-Joneture
  il  auroit  voulu  lui  faire  un  secret  de  cet  excellent  principe.

Ensuite,  pour  ce  qui  rewarde  cette  determination  meme  des  lignes  courbes,
que  decrivent  les  corps  attires  vers  un  ou  plusieurs  centres  de  forces,  la  Methode
maximorum  et  minimorum,  dont  il  auroit  fallu  se  servir  pour  la  trouver,  n’etoit
pas  alors  assez  developee,  pour  mettre  en  etat,  quand  meme  cette  quantite  d’action
quil  fant  rendre  la  plus  petite,  anroit  ete  connudö,  d’en  deduire  la  nature  des
courbes  decrites.  Et  quoique  la  gloire  de  M.  de  Leibnitz  soit  fondee  sur  plusieurs
decouvertes  du  premier  ordre,  le  prineipe  de  la  ımoindre  action  n’est  assurement
au  dessous  d’aucune  d’entr’elles;  et  il  ny  a  pas  lieu  de  croire  qu’il  l’eüt  neglige
au  point  de  n’en  faire  part  qu’au  seul  M.  Hermann.

Toutes  ces  considerations  affoiblissant  deja  beaucoup  l’autorite  du  fraxınent
cite,  M.  le  President  de  Maupertuis.  qui  avoit  propose  ce  principe  comme  sien,  a
erü  devoir  diligemmant  rechercher  tout  ce  qui  pouvoit  servir  a  la  verification  du
fait.  pour  se  mettre  a  l’abri  de  tout  soupeon  de  plagiat.  Car,  bien  qu'il  n’existe
aucune  trace  de  ce  principe  dans  tous  les  Ecrits  de  M.  de  Leibnitz,  qui  ont  vü  le