171.  Expose  der  Akademie  über  die  Köxıs’sche  Sache  (März  1751).  299

jour  jusqu’a  present,  il  etoit  pourtant  a  propos  de  prevenir  l’accusation  colomnieuse
non  auroit  pü  former,  qu’il  avoit  tirC  son  principe  de  la  ıneme  Lettre  de  M.
de  Leibnitz,  que  quelque  hazard  auroit  fait  tomber  entre  ses  mains.  Ainsi  personne
n’etoit  plus  interesse  que  lui  a  s’assurer  de  la  verite  de  cette  Lettre;  M.  de  Maupertuis
  commenga  donc  par  s’adresser  a  M.  Koenig  meme,  qu’il  requit  amicalement
par  une  Lettre  du  28  Mai  1751  de  lui  indiquer  l’Original  de  cette  lettre  de  M.
de  Leibnitz,  et  d’en  constater  l’authenticite.  La  reponse  de  M.  Koenig  ne  fut  ecrite
ne  le  26  Juin.  Elle  portoit  que  cette  Lettre  lui  avoit  ete  communiquee  par  ce
fameux  Henzi,  qui  fut  decapite  a  Berne  il  y  a  trois  ans  pour  quelques  seditions
excitees  dans  l’Etat;  et  que  le  dit  Henzi,  coınmne  etant  fort  attache  a  l’etude,  avoit
rassembl&amp;E  plusieurs  Lettres  anecdotes  de  Leibnitz,  avec  d’autres  qu’il  auroit  publiees,
  si  la  destince  ne  l’en  avoit  empäche.  M.  Kanig  envoyoit  en  m&amp;me  tems
a  M.  de  Maupertuis  une  Copie  de  la  Lettre  entiere,  dont  il  avoit  cite  un  frayment;
  elle  est  datee  du  16  Octobre  1707.  et  les  paroles  alleguees  se  trouvent  en
effet  a  la  fin,  mais  pourtant  avec  quelque  difference  d’expression:  car  au  lieu
yue  dans  la  citation  il  y  avoit,

»Elle  (l’action)  est  comme  le  produit  de  la  masse  par  le  temıs,  ou

»du  tems  par  la  force  vive  etc.«

ce  qui  renferme  une  contradiction  manifeste,  on  lit  dans  la  Lettre  me&amp;me  ces  mots
ainsi  corriges:

»Elle  est  comme  le  produit  de  la  masse  par  celui  de  l’espace  et  de

»la  vitesse,  ou  du  teıns  par  la  force  vive  etc.«
Difference,  qui  ne  pouvant  etre  rejettce  sur  une  simple  faute  d’impression,  augmente
encore  considerableinent  les  soupgons  contre  ce  fragment.  Car  quand  ıneme  la
Lettre  entiere  ne  pourroit  pas  Etre  rejettee,  il  y  a  tout  lieu  de  croire  que  quelques
  phrases,  et  peut-etre  des  periodes  entieres,  y  ont  et&amp;e  inserees;  et  qu'il  a
falu  les  corriger,  parce  qu’on  ne  les  avoit  pas  d’abord  renduös  assez  assortissantes
au  Texte.  Mais,  sans  s’arreter  A  ce  soupcon,  il  paroissoit  fächeux,  que  tonte
l'autorite  de  ce  fragıment  dependit  du  teinoignage  d’un  homme  qui  avoit  perdu  la
tete;  et  cela  n’etoit  pas  fort  propre  a  la  confirmer.  M.  de  Maupertuis  ne  crut  pas
neanmoins  devoir  seen  tenir  a  cette  reponse;  mais  coinıne  il  n’y  a  peut-etre  point
de  papiers  qu’on  garde  plus  soigneusement  que  ceux  qui  ont  appartenu  a  des
criminels  d’Etat,  il  pria  M.  le  Marquis  de  Paulmy,  Aınbassadeur  de  S.M.T.C.  en
Suisse,  d’interposer  son  credit  pour  faire  a  Berne  des  recherches  exactes  ä  ce  sujet.
Apres  qu’on  eut  fait  une  revu&amp;  tres  attentive  des  papiers  delaisses  par  Henzi,  on
nv  trouva  non  seulement  aucunes  Lettres  de  Leibnitz,  mais  pas  la  moindre  trace
meme,  que  Henzi  eut  jamais  eu  en  son  pouvoir  une  de  ces  Lettres,
Le  7  d’Octobre  de  l’Annce  derniere,  M.  le  President  de  Maupertuis  fit  rapport

a  l’Acad&amp;mie  Royale  de  ce  qui  s’etoit  passe  jusques  la,  dans  l’intention  que  l'affaire
fut  traittee  dans  les  formes,  et  qu’on  prit  les  mesures  convenables  pour  la  terıniner.
L’Academie  jugeant  aussi-tot,  que  dans  une  Question  ou  il  S’agissoit  de  decouvertes
aussi  importantes,  il  etoit  de  son  devoir  de  proceder  a  un  examen  scrupuleux  de
ce  qui  appartenoit  au  grand  Leibnitz,  et  de  ce  a  quoi  ses  propres  Membres  avoient
droit,  chargea  M.  Formey,  en  qualite  de  Secretaire,  d’ecrire  aM.  Kanig  une  Lettre,
qui  fut  en  effet  ecrite  le  surlendeinain,  pour  le  reyquerir  encore  a  l’amiable  de
confirmer  l’authenticite  du  fragment  qu'il  avoit  allegue,  et  de  produire  1l’Original
de  Leibnitz  dans  l’espace  d’un  mois.  Mais  comme  M.  Ka:nig  avoit  deja  visiblement
use  de  tergiversations  dans  cette  affaire,  afin  qu’il  ne  püt  pretexter  que  cette  Lettre
sS’etoit  perdu@,  on  l’adressa  a  M.  de  Hellen,  charge  des  affaires  de  Sa  Majeste  aupres
des  Etats  Generaux;  et  on  recut  la  declaration  de  M.  de  Hellen  qui  attestoit  que
la  Lettre  avoit  ete  remise  le  19  Octobre.  Le  ıı  Decembre,  comme  il  y  avoit  plus
d’un  mois  d’ecoule  sans  qu’on  eut  aucune  reponse,  l’Acadeınie  jugea  a  propos  de  reite-