300  171.  Expose  der  Akademie  über  die  Köxts’sche  Sache  (März  1751).

rer  la  ıneme  sommation,  et  elle  eut  certitude  que  M.  Koenig  l’avoit  regu&amp;  avec  une
Lettre  ecrite  par  M.  le  President,  par  la  meıne  voye,  le  6  Janvier  de  la  presente  anne.

Pendant  ce  tems  la,  le  Roi,  Protecteur  de  l’Academie,  avoit  requis  lui-meme
par  une  Lettre  le  Magistrat  de  Berne,  de  faire  chercher  la  Lettre  susdite  de  M.  de
Leibnitz  avec  tout  le  soin  possible  parıni  les  papiers  qui  avoient  appartenu  a  Henzi.
Cette  recherche  ayant  ete  faite  par  des  personnes  auxquelles  le  Magistrat  confia
l’autorite  requise,  la  reponse  fut,  qu’on  n’avoit  absolument  rien  trouve.

Avant  que  la  seconde  Leitre  de  l’Academie  a  M.  Koenig  lui  fut  parvenut,
M.  de  Maupertuis  en  regut  une  de  sa  part  datee  du  10  Decembre,  qu’il  fit  lire
dans  l’Academie  le  23  du  meme  mois.  Quoique  cette  Lettre  fut  pleine  de  politesses,
M.  Kanig  etoit  si  eloigne  de  produire  l’Original  de  la  Lettre  de  M.  de  Leibnitz
ou  d’indiquer  seulement  dans  quel  lieu  il  existoit;  qu’il  faisoit  plutöt  ses  efforts
pour  detourner  l’Academie  de  l’examen  de  cette  Question  et  l’impliquer  dans  d’autres
controverses  tout  a  fait  &amp;trangeres.  Il  se  plaignoit  aussi  beaucoup  de  l’injustice
qu’on  lui  faisoit,  en  attentant  a  la  liberte  dont  les  Savans  ont  coutume  de  jouir:
comme  s’il  y  avoit  quelque  chose  d’injuste  a  exiger  d’un  Savant  qu’il  fournisse
les  preuves  d’une  Lettre,  qu’il  rend  publique.

Le  m&amp;me  jour  M.  de  Maupertuis  lüt  a  l’Academie  la  reponse  qu’il  avoit  faite
a  cette  Lettre,  dans  laquelle  il  faisoit  voir  que  l’Academie  eEtoit  pleinement  en
droit,  dans  de  seınblables  Questions,  de  s’assurer  de  l’authenticite  d’Eerits,  qui
servoient  a  decider,  a  qui  appartenoit  quelque  decouverte;  qu’ainsi  on  ne  faisoit
ancun  tort  a  M.  Koenig,  en  exigeant  qu’il  produisit  l’Original  de  la  Lettre  de
M.  de  Leibnitz;  qu’il  ne  s’agissoit  d’ailleurs  d’aucune  Controverse,  et  qu’on  ne
requeroit  autre  chose,  sinon  qu'il  constatät  l’autorite  de  la  Lettre  qu’il  avoit  citce:
droit  qu’on  ne  scauroit  assurement  refuser  a  aucun  particulier  dans  sa  propre  cause.
M.  de  Maupertuis  donnoit  avis  dans  la  m&amp;me  Lettre  a  M.  Koenig,  des  deux  recherches
  qu’on  avoit  faites  en  vain  a  Berne,  per  ordre  du  Roi,  et  de  l’Ambassadeur
de  France.  Cette  Reponse  ayant  ete  confirmee  par  le  consentement  de  toute  l’Academie,
  fut  expediee;  et  lui  parvint  le  6  Janvier  de  cette  annee,  avec  la  seconde
Lettre  que  l’Academie  lui  avoit  adressee.

Il  fit  enfin  a  ces  Lettres  une  Reponse  en  date  du  15  Fevrier,  dans  laquelle
comme  dans  la  precedente,  il  se  plaint  amerement  de  ce  qu’on  viole  a  son  egard
le  droit  etabli  entre  les  Gens  de  Lettres,  en  interposant  l’autorite  de  l’Academie
dans  une  Controverse  Litteraire:  car  il  dissimule  perpetuellement  l’etat  de  la  Question,
et  ne  r&amp;pond  point  directement  a  la  seule  chose  qu’on  lui  ait  demandee,  qui  etoit
de  confirmer  l’autorite  du  fragment  qu’il  avoit  cite,  en  produisant  la  Lettre  originale
de  M.  de  Leibnitz.  Il  cherche  partout  des  Echapatoires;  tantöt  en  disant  que  ces
paroles  de  Leibnitz  n’otent  rien  a  la  decouverte  du  principe  de  la  moindre  action.
que  M.  de  Maupertuis  demeure  toujours  en  plein  droit  de  s’attribuör,  parce  que
cette  Lettre  a  ete  tout  a  fait  inconnu&amp;  jusqu’a  present,  et  que  M.  de  Leibnitz  n’a
expose  nulle  part  avec  plus  d’etendu&amp;  ses  idees  a  ce  sujet;  tantöt  en  faisant  de
M.  de  Leibnitz  ıneme  un  adversaire  de  cette  doctrine,  comme  s’il  avoit  eu  un  tout
autre  principe  dans  l’esprit;  par  ou  M.  Konig,  en  revoquant  en  doute  la  verite
du  principe  de  M.  de  Maupertuis,  ne  cherche  qu’a  amener  toute  la  question  au
point  qu’on  mette  a  l’ecart  l’authenticite  de  la  Lettre,  pour  s’attacher  a  discuter
la  verite  du  principe  meme.  A  la  fin  pourtant  il  semble  venir  davantage  au  fait,
en  disant  qu’il  avoit  ccrit  a  un  ami,  pour  le  prier  de  chercher  cet  Original,  et
qu'il  en  attendoit  encore  la  reponse.

lei  il  ne  faut  pas  passer  sous  silence,  que  M.  Koenig,  afin  de  prouver  que
cette  decouverte  de  M.  de  Leibnitz  lui  etoit  connu&amp;  depuis  longtems,  en  appelle  a
la  ındcıne  Lettre  a  sa  Harangue  inaugurale,  ou  il  dit  qu’il  a  designe  cette  decouverte,
en  Ja  montrant,  pour  ainsi  dire,  du  doigt.  Quoique  cette  assertion  eüt  besoin  d’etre