179.  Actenstücke  zu  Laarange’s  Entlassung  (1787  ff.).  315

des  raisons  de  sante  et  de  ne  pouvoir  pas  &amp;tre  utile,  mais  —  il  me  paroit  qu’il  est
un  peu  hypocondre,  et  qu’il  ne  $ouhaite  que  de  passer  le  reste  de  sa  vie  librement
et  avec  une  pension  de  retraite  dans  quelqne  pais  du  Sud,  oü  l’on  doit  lui  avoir
offert  des  conditions  fort  avantageuses.  —  Le  Sr.  la  Grange  n’a  pas  encore  voulu
se  decider  sur  mes  representations,  mais  j’ai  pourtant  quelque  esperance  de  le  conserver
  ici,  si  V.M.  ıne  permettoit  de  lui  offrir

1.  qu’il  puisse  rester  attache  a  l’acadeınie  simplement  comme  imeimbre  honoraire,
  sans  &amp;tre  oblige  a  une  assiduite  suivie  et  sans  &amp;tre  directeur  de  la  classe
mathematique,  dont  il  veut  resigner  les  appointemens  de  200  Ecus  (en  conservant
le  reste  de  sa  pension.  11  est  pourtant  str,  que  par  point  d’honneur  il  ne  travaillera
pas  moins  pour  l’acad.,  que  pour  le  passe).

2.  on  croit  qu'il  seroit  charıne,  si  V.  M.  lui  donnoit  quelque  marque  de  distinction
  et  de  contentement,  comıne  celle  du  titre  de  Consr.  prive.  11  s’est  bien  garde
de  ıne  faire  reınarquer  ce  desir,  mais  des  gens,  qui  le  connoissent,  pretendent  qu’il
y  soit  sensible  puisqu’il  s’est  crü  neglige  jusqu’ici.  —  J’attends  les  ordres  de  V.M.,
si  je  puis  offrir  ces  conditions  au  Sr.  la  Grange.  Elles  ne  lui  coutent  rien  et  l’academie
  n’y  perdra  rien;  cependant  il  ıne  paroit  avantageux  et  ım@ıne  necessaire  pour
l'’academie,  de  conserver  ce  Savant  du  premier  ordre.

Berlin,  le  ....  fevr.  1787.  v.  Hertzberg.

2.

Au  Roi.

J’ai  pris  la  liberte  de  presenter  a  V.M.  le  rapport  ci-joint  de  nouveau,  dans
lequel  j’ai  demande  les  ordres  de  V.M.,  si  je  devois  m’einployer  pour  conserver
le  Sr.  la  Grange  a  notre  academie.  Je  l’ai  fait  non  seulement  pour  la  part  ındıne
de  cet  habile  hoınme,  mais  aussi  parce  qu’il  seroit  mortifiant  pour  ınoi,  que  l’acadeinie
  en  soit  privee  pendant  que  j’en  suis  le  curateur.  N’ayant  point  regü  de
reponse  et  sachant  que  la  chose  est  encore  indecisse  et  le  Sr.  la  Grange  m’ayant
fait  entendre,  qu’il  n’aimeroit  s’expliquer  et  s’arranger  la-dessus  qu'nvec  moi,
comme  curateur  de  l’acadcınie,  je  crois,  ne  pas  deplaire  a  V.M.  en  lui  reproduisant
mon  precedent  rapport  et  en  demandant  encore  une  fois  Sa  resolution  la-dessus.

V.M.  verra  en  relisant  ce  rapport  que  je  puis  esperer  de  conserver  le  Sr.  la
Grange,  si  Elle  me  permet  de  lui  offrir  deux  conditions,  qui  ne  coutent  rien  ni  ä
V.M.  ni  a  l’academie,  qui  la  mettent  a  meine  de  donner  la  pension  de  200  Ecus
comme  directeur  de  la  classe  matheinatique  a  un  autre  membre  de  l’academie  et
par  lesquelles  le  Sr.  la  Grange  restera  avec  le  titre  de  ımeimbre  honoraire  tout  aussi
attache  a  l’acadcımie  et  fera  autant  que  comıne  ımembre  ordinaire.  Je  sais  ındıne,
que  quand  il  sera  une  fois  determine  a  rester  ici,  ce  sera  pour  sa  vie;  qu’il  fera
venir  son  bien,  se  mariera  et  s’achetera  ici  une  terre.  Il  ne  s’agit  que  de  menager
un  peu  l’etat  hypocondre  et  amour  propre  de  ce  grand  geometre,  pour  lequel  notre
acadeınie  n’auroit  aucun  mathematicien  celebre  et  ne  le  retrouveroit  aussi  que  difficilement
  en  Allemagne  et  dans  le  reste  de  l’Europe.

Berlin,  16.  fevr.  1787.  v.  Hertzberg.

3.
Au  Ministre  d’Etat  et  de  Cabinet  le  Conite  de  Hertzberg.

Je  veux  bien  vous  dire  en  reponse  a  ce  que  vous  venez  de  me  marquer  par
votre  lettre  en  date  d’hier,  touchant  l’academicien  Sr.  la  Grange,  que  Je  suis  moimeine,
  en  correspondance  avec  lui  et  que  J’espere,  ainsi  que  vous  qu’il  restera.
Sur  ce  Je  prie  Dieu  qu’il  vous  ait  en  sa  sainte  et  digne  garde.

a  Berlin,  le  17.  fevrier  1787.  Fr.  Wilhelm.