179.  Actenstücke  zu  Laoraxce’s  Entlassung  (1787  ff.).  321

de  bienveillance  qu’elle  daigne  ıne  donner  dans  la  lettre  que  Mr.  Moyet  vient  de  me
remettre.  Je  desirais  pouvoir  de  mon  cote  lui  presenter  quelque  chose  pour  l’Academie,
  et  je  differais  de  jour  en  jour  d’avoir  I’honneur  de  lui  Ecrire,  jusqu'a  ce
que  jeusse  acheve  un  travail  commence  depuis  longtemps,  et  que  differentes  circonstances
  m’avaient  oblige  d’interrompre,  mais  quoiqu’il  ne  soit  pas  encore  pret  je  ne
veux  pas  tarder  davantage  &amp;ä  lui  renouveller  l’hoınmage  de  ma  profonde  estime  et
de  ma  sincere  reconnaissance.  es  sentiınens  nes  a  Berlin,  ın’ont  suivi  et  ont  encore
augmente  dans  ce  pais,  ou  je  crois  pouvoir  assurer  Votre  Exc.  que  ceux  qui  connaissent
  bien  l’etat  des  choses  et  qui  ne  sont  pas  aveugles  par  des  interets  partieuliers,
  ne  ınanquent  pas  de  lui  rendre  toute  la  justice  due  a  ses  lumieres  et  a  son
zele  pour  le  bien  et  l’honneur  de  sa  patrie.  Mirabeau  vient  de  mourir,  je  n’ai  en
depnis  que  je  suis  ici  aucune  liaison  ni  directe  ni  indirecte  avec  lui,  j’estimois  son
talent,  ınais  je  n’aiınais  ni  son  caractere  ni  sa  conduite,  et  la  mienne  m’eloignant
des  Clubs  et  des  tourbillons,  je  n’avais  aucune  occasion  de  le  voir  ni  de  le  rencontrer;
  a  l’egard  des  deux  autres  [?]  je  ne  les  connois  en  aucune  maniere,  mais  a  en
juger  par  leurs  Eecrits  qui  me  tombent  quelquefois  sous  les  yeux  il  ıne  semble  que
un  est  un  peu  fou,  et  l’autre  enrage,  et  je  ne  crois  pas  que  les  roles  qu’ils  jouent
ici  puissent  meriter  l’attention  de  Votre  Excellence.  D’ailleurs  la  foule  des  papiers,
dont  on  est  inonde  journellement,  la  liberte  que  l’on  a  de  tout  dire  et  de  raisonner
a  sun  aise,  de  calomnier  ıneme  si  l’on  veut,  soit  qu’on  y  attache  aucune  iinportance
et  qu’on  ne  les  lit  que  pour  les  oublier.  L’asseinble  nationale  absorbe  tous  les
interets;  on  ne  s’occupe  que  de  ses  operations,  les  uns  pour  les  vanter  et  les  soutenir,
  les  autres  pour  les  decrier  et  les  contrarier,  mais  le  premier  parti  est  toujours
de  beaucoup  le  plus  fort.  Ce  qui  se  passe  dans  les  pais  &amp;trangers  n’attire  l’attention
  qu’autant  qu’on  croit  y  voir  quelque  rapport  a  la  contrerevolution  que  les  uns
craignent  et  les  autres  desirent,  on  est  tres  indifferent  pour  tout  autre  objet.

Je  prends  la  liberte  de  presenter  a  Votre  Exc.  un  exemplaire  du  rapport  qui
a  ete  fait  a  l’Academie  sur  la  maniere  de  determiner  l’unite  par  une  mesure  universelle.
  L’asseınblee  nationale  a  decrete  l’operation  qu’on  y  propose  et  a  laquelle  on
veut  proceder;  j'espere  qu'il  en  resultera  une  determination  du  degre  du  meridian
plus  exacte  et  plus  a  l’abri  des  incertitudes  que  celles  que  l’on  a  eues  jusqu’a  present.

Je  remercie  Votre  Exc.  de  ce  qu’elle  a  la  bonte  de  me  dire  touchant  ma
pension.  Si  je  n’ai  pas  cherche  a  la  toucher  jusqu'ici  c'est  que  d’un  cote  j'etais
bien  aise  au  milieu  de  nos  troubles  d’avoir  de  l’argent  a  ma  disposition  dans  un
lien  sur  et  que  de  l’autre  j’ai  eu  tous  les  ans  l’idee  et  le  desir  de  venir  la  toucher
en  personne.  J’ai  cette  annee  un  desir  plus  que  jamais,  et  si  M.  Ewart  fait  un
tour  a  Paris,  comıne  il  me  l’a  presque  proimnis,  je  ferai  avec  lui  le  voyage  de  Berlin.
Si  ce  voyage  ne  pourroit  pas  avoir  lieu  si  töt,  je  profiterais  des  oflres  que  V.  Exc.
a  la  bonte  de  me  faire  et  je  lui  enverrais  au  mois  de  Juin  un  regu  de  1200  ecus
pour  quattre  annces  echues  en  cette  epoque.  Je  supplie  V.  Exc.  de  me  conserver
  des  bontes,  qui  me  sont  si  precieuses  et  dont  je  suis  orgueilleux  de  pouvoir
ın  honorer.

Je  suis  avec  respect
Paris  le  14.  Avril  1791.  Monsieur  le  Comte
pp.  de  la  Grange.

J’ai  recu  de  la  caisse  de  l’Acadeınie  des  Sciences  de  Berlin  douze  cent  ecus
pour  quattre  annees  de  ına  pension  de  retraite,  echues  au  1”  juillet  dernier.

a  Paris  le  4.  Septembre  1791.
De  la  Grange,

ci-devant  directeur  de  la  Classe  mathematique.

Geschichte  der  Akademie.  II.  21