324  180.  Herrzsers,  Vervollkommnung  der  deutschen  Sprache  (1792).

fier  en  meine  tems  la  langue  allemande,  surtout  pour  lui  donner  toute  la  precision
et  elegance,  dont  elle  peut  Etre  susceptible,  et  de  preparer  ainsi  les  materiaux,
sur  lesquels  on  puisse  rediger  apres  quelqyues  annees,  non  seulement  une  bonne
Grammaire,  mais  aussi  un  Dictionnaire  encore  plus  parfait  que  celui  du  Sr.
Adelung  et  en  meme  tems  une  histoire  complette  de  la  langue  allemande,  laquelle
  on  croit  pouvoir  rendre  de  cette  maniere  la  plus  parfaite  de  l’Europe,  au
plus  grand  honneur  du  Regne  de  Votre  Majeste  et  de  l’Acadeınie,  dont  c'est  la
vocation  particuliere,  d’apres  l’exeinple  des  autres  Academies  de  l’Europe,  de  perfectionner
  la  langue  de  son  pays.

ll  est  naturel,  que  l’Academie  doit  rassembler  pour  un  ouvrage  de  cette  etendue,
les  travaux,  non  seulement  de  tous  les  Savans  de  Berlin,  ınais  aussi  de  ses  Meanlıres
etrangers,  tels  que  Garve,  Herder,  Wieland  etc.

J’ose  donc  encore  une  fois  supplecer  V'otre  Majeste,  de  permettre,  que  je  puisse
v  associer  et  faire  clire  pour  cet  eflet  pour  ımembres  ordinaires  le  Bibliothecaire
Biester  et  le  Conseiller  prive  de  Suarez.  Le  premier  nous  est  absolument  necessaire
  par  ses  vastes  connoissances  litteraires  et  par  l’usage  de  la  Bibliotherne
Royale,  a  la  quelle  il  peut  toujours  recourir  et  nous  Epargner  beaucoup  de  fraix
et  de  tems;  le  Sr.  de  Suarez  pourra  nous  &amp;tre  fort  utile  pour  la  determination
allemande  des  terınes  de  droit  et  de  Jurisprudence,  dont  il  a  deja  donne  des  preuves
tres  remarquables,  dans  le  nouveau  Code  de  Loi,  ou  il  a  rendu  la  plupart  des
terınes  latins  de  la  Jurisprudence  par  des  mots  allemands  tres  convenables.

Je  n’ai  aucune  predilection  pour  ces  deux  Savans,  ni  aucune  liaison  avec
eux;  je  ne  les  propose  que  pour  l’utilite  decidee  du  bien  public  et  de  l’Academie.
Tout  ce  corps  souhaite  leur  association  et  les  elira  unanimement,  des  qu’il  sera  sür
de  l’approbation  de  Votre  Majeste.

Je  me  flatte  aussi  encore,  que  Votre  Majeste  voudra  perinettre,  que  je  puisse
assigner  la  pension  ordinaire  de  200  Ecus  a  chacın  des  nouveaux  ınembres
de  l’Academie,  qui  n’en  ont  pas  encore  et  qui  comıne  tous  les  Savans  en  ont  grand
besoin,  tels  que  les  Srs.  Zöllner,  Moritz  et  les  deux  que  je  viens  de  proposer.  La
Caisse  de  l’Academie  est  tres  en  ctat  de  le  faire  tant  par  les  4  pensions  vacantes,
que  par  l’exccdent  ordinaire  et  annuel  de  2000  Ecus.  Si  Votre  Majeste  a  le  moindre
doute  la-dessus,  je  puis  le  prouver  par  l’etat  exact  de  la  Caisse  de  l’Accadeınie.

Berlin,  le  9  de  Janvi  .
erum,  1E  9  de  Janvier  1792  Hertzbere.

Von  der  Hand  des  Königs  in  Blei:
cela  en  restera  A  ce  que  jai  repondu  [der  König
lehnte  also  Biester  und  Starrz  ab].

4.

J’ai  etabli  avec  l’approbation  de  Votre  Majeste  un  Coimmitte  des  principaux
Membres  allemands  de  l’Academie  des  Sciences,  pour  travailler  a  perfectionner  la
langue  allemande,  selon  le  fameux  projet  de  Leibnitz.  lls  y  ont  deja  fait  des  progres
  par  quelques  bons  Memoires  qu'ils  ont  lus  et  par  le  probleme  tres  difficile  et
etendu,  que  nous  allons  proposer:  d’examiner  les  mots  etrangers,  qu’on&amp;
fait  entrer  dans  la  langue  allemande  et  de  decider,  lesquels  meritent
d’en  etre  rayes  ou  gardes.

Comme  quelques  Membres  frangois  paroissent  eraindre,  que  l’Academie  ne
devienne  peu  a  peu  tout  a  fait  allemande,  je  täche  de  les  tranquilliser,  en  les  assurant,
  que  l’Academie  continneroit  a  travailler  et  a  publier  ses  Memoires  sur  son
plan  primordial  selon  les  4  Classes  des  Sciences  dans  la  langue  frangoise,  latine  et
allemande,  pour  les  pieces,  qui  ne  peuvent  pas  &amp;tre  bien  traduites  comıne  celles