Rom.  Nuntius.  13

ne  croyoit  point  que  les  princes  de  l’Empire  pouvoient  se  dispenser  de
negocier  en  commun  sur  ces  affaires,  d6öpendant  tous  de  la  constitution
generale  de  ’Empire.  HD  cita  en  particulier  l’Art.  60  du  Conclusum  de  la
Diette  qui  suspend  les  changemens  &amp;  faire  aux  limites  des  dioc&amp;ses  jusqu’&amp;
une  nouvelle  organisation  dioc&amp;saine;  car  quoiqu’il  n’y  soit  pas  question
du  St.  Siöge,  la  clause  conform&amp;ment  aux  loix  de  l’empire  disoit  ass6s  que
le  pape  devoit  y  intervenir.  On  en  auroit  m£me  fait  une  mention  expresse,
si  l’Electeur  Archichancelier  n’avoit  pas  dit  qu’apres  cette  elause  cela
n’etoit  plus  n&amp;cessaire.  D’aprös  ce  que  V.  M.  m’a  fait  la  gräce  de  me
mander  dans  Son  ...  rescript  du  15  Juin,  je  crus  devoir  faire  observer
au  Cardinal  que  la  relation  de  celles  des  Provinces  de  V.  M.  qui  sont  en
rapport  avec  le  corps  germanique,  ne  vont  point  jusqu’&amp;  lui  faire  adopter
les  mesures  proposees;  mais  que  dans  tout  ce  qui  n’appartient  pas  exactement
  &amp;  la  Constitution  de  l’Empire  elle-möme,  V,.  M.  est  souverain  aussi
independant  dans  ceux  de  Ses  &amp;tats  qui  font  partie  de  l’Empire  que  dans
tous  les  autres.  Quant  &amp;  l’Article  cite,  je  lui  fis  voir  qu’il  ne  regarde  que
la  circonscription  des  limites  des  dioc&amp;ses  et  du  sort  futur  des  chapitres,
et  jobservai  g@neralement  que  l’expression  conformement  aux  loix  de  ’Empire
  pouvoit  &amp;tre  differemment  expliquee.  Il  m’avoua  sur  cela  son  ignorance
  entire  dans  tout  ce  qui  regarde  les  affaires  de  l’Allemagne  et  m’assura
  que  c’etoit  lA  encore  un  des  malheurs  de  la  Cour  de  Rome  dans  le
moment  present  de  manquer  d’un  homme  qui  eft  les  connoissances  necessaires
  sur  la  Constitution  de  l’Empiret);  mais  que,  si  on  pouvoit  prouver  au
pape  qu’un  Prince  de  l’Empire  pouvoit  traiter  sur  les  affaires  ecclösiastiques
de  ses  nouvelles  provinces  seul  avec  le  8!  Siöge  et  sans  l’intervention  de
la  Diette,  le  pape  seroit  pr&amp;t  &amp;  c6der  &amp;  chaque  instance  qu’on  lui  feroit,
mais  surtout  &amp;  remplir  les  intentions  de  V.  M.,  pour  Laquelle  il  sentoit
certainement  le  plus  haut  estime  et  l’amiti6  la  plus  respectueuse;  car  alors
il  n’agiroit  point  contre  son  engagement  pris  &amp;  Vienne  et  &amp;  Paris,  pouvant
faire  voir  &amp;  ces  deux  Cabinets  qu’il  ne  faisoit  que  ce  qui  &amp;toit  conforme
aux  loix  de  l’Empire,  et  il  n’y  auroit  plus  de  raison  &amp;  refuser  de  vouloir
traiter  en  particulier  et  &amp;  Rome.  Il  m’assura  que  c’dtoit-lA  son  sentiment
intime,  expos6  avec  la  derniere  franchise,  en  ajoutant  que  daus  la  situation
amdre,  c’etoient-lA  ses  propres  expressions,  oü  se  voyoit  reduit  le  St.  Sidge,
il  ne  restoit  plus  rien  au  pape  que  de  montrer  partout  une  loyaut6  et  une
franchise  qui  le  mirent  &amp;  l’abri  d’etre  jamais  tax&amp;  de  fausset6.  Pendant
tout  cet  entretien,  le  Card.  m’avoit  toujours  r&amp;pet6  que  jusqu’&amp;  ce  moment
toute  cette  affaire  n’etoit  pas  müre  encore  et  qu’il  n’y  avoit  encore  rien
d’entitrement  arr&amp;t6  que  l’idde  seule  d’envoyer  un  nonce  &amp;  Ratisbonne  et
les  engagemens  pris  avec  les  Cabinets  de  Vienne  et  de  Paris,  mais  que,
tout  le  reste  dtant?)  encore  vague,  cela  pouvoit  changer  d’un  moment  &amp;  l’aautre.
Aussi  tächoit-il  toujours  de  parler  plutöt  en  general  de  liimpossibilit6  d’ex-1)

  CHr.  No.  691.  2)  Vorlage:  »6toit«.

1803
Juli  30