1803
Ang.  27

36  Urkunde  No.  637.

me  r6pondit  d’abord  que  la  demarche  que  [intentionnait?]!)  le  prince  ne
pouvoit  qu’&amp;tre  extrömement  agreable  et  flatteuse  au  Pape,  et  qu’il  n’y  avoit
aucnn  doute  que  je  ne  serois  Teconnu  des  aprösent  dans  la  qualit€  de  re
sident  du  prince;  mais  qu’il  pr6voyoit  &amp;  la  forme  de  cette  affaire  de  grandes
diffieultes  et  qu'il  ne  pouvoit  me  donner  une  reponse  offcielle,  avant
que  de  n’en  avoir  parl6  au  Pape.  Comme  je  devinois  facilement  que  c’etoit
la  mention  expresse  du  conclusum  et  le  titre  du  prince  qui  formoient  la
diffieulte,  je  me  gardai  bien  d’entrer  dans  aucune  discussion  sur  ces  points.
Mais  d’apres  la  confiance  que  le  Card.  Secret.  d’Etat  a  coutume  de  me
montrer,  il  me  depeignit  son  embarras:  puisque  la  Cour  de  Rome  ne  pouvoit
  se  r&amp;sondre  &amp;  reconnoitre  formellement  le  conclusum  de  l’Empire  et
que  de  nommer  le  prince  d’Orange,  Prince  de  Fulda,  seroit  une  telle  reconnoissance.
  Je  lui  fis  la  dessus  la  repr@sentation  que  je  ne  m’etois  jamais
  figur6  que  la  Cour  de  Rome  vouloit  aller  jusqu’  &amp;  ne  pas  reconnoitre
la  l‘gitimit6  de  la  possession  des  pays  secularises,  que  selon  moi,  il  y  avoit
une  grande  difference  entre  reconnoitre  les  consequences  d’une  d&amp;marche
et  approuver  et  consentir  &amp;  cette  dömarche  mä&amp;me,  et  que  je  le  priois  en
confiance  de  bien  y  reflechir  avant  que  d’aborder,  surtout  A  une  occasion
d’nne  moindre  importance,  une  question  d’autant  plus  delicate,  que  la  France
et  la  Russie  avoient  pris  une  part  prineipale  au  Conclusum  de  l!’Empire;  il
me  r&amp;pondit  1A  dessus  que  le  pape  etoit  certainement  tres  6loigne  d’entamer
cette  question,  mais  que  d’apres  ces  principes  les  s6cularisations  faites  en
Allemagne  etoient  pour  ainsi  dire  un  larein  fait  &amp;  l’Eglise,  quiil  ne  pouvoit
pas  l’emp@cher,  mais  qu’on  ne  pouvoit  pas  exiger  de  lui  qu'il  le  reconnut
coınme  legitime,  et  qu'il  avoit  fait  cette  deelaration  m@me  au  Pr.  Consul.
Il  ajouta  que  la  Cour  de  Rome  ne  8’opposeroit  jamais  en  rien  quant  anx
faits,  que  je  voyois  que  m&amp;me  &amp;  present  par  le  fait  elle  reconnoissoit  le
Prince  de  Fulda  comme  tel,  pnis  qu’elle  recevoit  de  Lui  un  agent,  malgre
qu’il  fut  bien  connu  qu’il  ne  l’envoyoit  qu’en  qualit€  de  souverain  d’un
pais  secularise;  que  le  Pape  &amp;viteroit  aussi  avec  le  plus  grand  soin  de  jamais
  toucher  cette  corde,  mais  que  le  cas  present  6toit  peut-&amp;tre  le  seul  oü
cela  etoit  difficile,  puisque  le  Prince  d’Orange  n’etoit  point  prince  regnant
d’un  autre  pais  que  celui  de  Fulda,  et  que  par  lä  la  reconnoissance  formelle
d’une  seeularisation  faite  en  Allemagne  entroit  dans  son  titre  m&amp;me.  Il  finit
par  m’assurer  qu'il  feroit  cependant  son  possible  pour  trouver  un  terme
moyen.  Aprös  m’avoir  fait  attendre  longtems  une  r6ponse,  il  m’envoya  enfin
le  jour  du  dernier  courier  une  Note,  dans  laquelle  il  dit  au  nom  du  Pape,
en  y  ajoutant  des  phrases  obligeantes  pour  le  Prince,  que  je  serois  reconnu
comme  son  resident,  mais  oüı  il  ne  Jdonne  d’autre  titre  au  Prince  que  celui
de  8.  Alt.  Serenissime  Prince  hereditaire  d’Orange,  en  y  ajoutant  un  et  caetera
  (etc.  etc.)  Quant  &amp;  la  lettre  patente,  on  l’a  laissee  entre  mes  nains,

2  Liiicke  in  der  Dechiffrirung.