1803

82  Urkunden  No.  667—668.

au  surplus  qu'intimement  persuade  que  les  inter&amp;ts  de  tous  les  Princes  de
l’Allemagne  &amp;toient  &amp;troitement  li6s  &amp;  cet  objet,  il  me  feroit  volontiers  part
des  d&amp;marches  qu’il  feroit,  et  il  m’a  fait  entendre  en  m£me  tems  qu’il  est,
on  ne  peut  pas  plus  dispose  &amp;  agir  de  concert  avec  moi  aussi  Souvent  que
les  circonstances  pourroient  l’exiger.  Je  ne  puis  me  dispenser  d’ajouter  &amp;
cette  occasion  que  ce  Ministre  est  sans  contredit  un  homme  de  besuceup
de  talent  et  d’instruction  et  trös  verse  dans  les  affaires,  mais  il  faut  avouer
aussi  qu’il  a,  et  peut-£tre  plus  qu’il  ne  le  me6frite,  ioi  la  r6putation  tr&amp;s  desfavorable
  &amp;  un  agent  diplomatique  d’Etre  rus6  et  intriguant  et  qu’on  le  taxe
outre  cela  encore  d’etre  personnellement  contraire  &amp;  la  Cour  de  Rome.  Je
mettrai  par  cons&amp;quent  beaucoup  de  prudence  et  de  circonspection  dans  ma
conduite  envers  lui,  &amp;  moins  qu'il  ne  parvienne  dans  la  suite  &amp;  6loigmer
cette  opinion  qu’on  paroit  avoir  pris  de  lu.  En  ne  voulant  reconnoitre
aucune  autorit6  ecclesiastique  hors  de  son  territoire,  l’Eleoteur  de  Baviere
est,  &amp;  ce  que  j’apprends  par  le  Sr.  de  Haeffelin,  d’avis  que  les  petits  Comtes
ou  Princes  qui  se  trouvent  sur  son  territoire,  doivent  avoir  le  choix,  s’ils
veulent  que  leurs  sujets  catholiques  appartiennent  aux  diocöses  de  ses  stats
ou  &amp;  ceux  d’un  des  Priuces  plus  puissants  dans  leur  voisinage.  Mais  quant
a  ceux  dont  le  territoire  seroit  enclav6  dans  les  &amp;tats  Bavarois,  ils  devroient
se  ranger  absolument  sous  l’autorit6  des  Ev£&amp;ques  Bavarois,  sans  que  le
choix  leur  en  füt  laisse.  Au  surplus  l’Electeur  accorde  au  Pape  le  grand
point  que  tous  les  Ev&amp;ques  Bavarois,  aussi  ceux  &amp;  cr6er  &amp;  present,  seront
dotes  en  biens  fonds.  Il  est  decid6  aussi  de  faire  un  veritable  concordat,
et  il  ne  8’opposera  pas  meme  &amp;  l’envoi  d’un  Nonce  &amp;  Munic,  pourvu  que
celui  qu’on  destineroit  &amp;  cette  place,  promette,  comme  le  Prelat  Arezzo  &amp;
Pe6tersbourg,  de  ne  se  m&amp;ler  d’aucune  affaire  ecol6sisstique:  trois  points  sur
lesquels  des  Princes  protestants  pourroient  convenir  difficilement.  Le  Card.
Secret.  d’Etat,  en  m’entretenant  confidemment,  il  y  a  quelques  jours,  sur  cea
objets,  m’a  parl&amp;  tr&amp;s  franchement  des  innovations  qui  se  font  en  Bavitre,
et  m’a  assure  qu’il  s’est  6nonc6  de  m&amp;me  envers  le  Sr.  de  Haeffelin,  en  lui
faisant  sentir  surtout  que,  malgr6  tout  ce  que  Electeur  pourroit  faire,  la
Cour  de  Rome  ne  s’eloigneroit  jamais  de  ses  maximes  une  fois  adopt£es.
ll  ajouta  encore  qu’aucune  menace  de  la  part  de  l’Eleoteur  ne  pourroit
jamais  l’y  engager;  mais  que,  le  St.  Sidge  stant  une  fois  entour6  de  tant
de  malheurs,  il  regarderoit  m&amp;me  l’accomplissement  r6el  de  ces  menases
comme  une  disgräce  de  plus  qu’il  falloit  supporter  avec  patience.  Malgre
cette  fermet6  apparente,  je  ne  doute  cependant  aucunement  que  les  deux
Cours  en  viendront  &amp;  un  accommodement  quelconque.  Quant  aux  n6gociations
  entam6es  entre  le  Sr.  de  Kolborn  et  le  Nonce  papal  &amp;  Vienne,  le
Sr.  de  Haeffelin  m’a  dit  de  savoir  par  l’Electeur  Archi-Chancelier  qu’elles
n’6toient  gu&amp;res  avancdes  encore.  On  avoit  dit  au  Sr.  de  Haeffelin  que  la
Cour  de  Rome  avoit  dej&amp;  tout  prepare  pour  un  Concordat  avec  I’  Allemagne
et  on  lui  avoit  fait  craindre  qu’il  viendroit  trop  tard,  mais  il  s’est  con-