Südpreussen.  Paris.  Konkordat.  241

Je  n’ai  qu’un  seul  et  m&amp;me  systöme  quant  &amp;  la  Religion  et  au  Culte
de  tous  mes  sujets.  Ce  syst&amp;me  est  celui  de  la  tol6rance  et  de  la  libert6

de  conscience.  Mes  sujets  catholiques  dans  toute  l’etendue  de  ma  Monarchie

jonissent  de  tous  les  bienfaits  qui  sont  une  suite  de  l’application  de  ces
principes.  Mon  Ministre  &amp;  la  Cour  de  Rome  leur  ouvre  les  communications
necessaires  avec  cette  Cour  dans  les  cas  de  conscience  et  purement  spirituels.
Je  nomme  &amp;  tous  les  6vöches  des  sujets  qualifies  et  le  Pape  les  munit  &amp;
Ma  Requisition  des  facult6s  purement  spirituelles.  J’entretiens  avec  la  Cour
de  Rome  une  harmonie  qui  n’a  jamais  6t6  troublde.  Mais  je  veux  ni  d’un
Concordat  particulier  entre  ma  Monarchie  et  le  Pape,  ni  d’un  Concordat
Germanique  qui  tendroit  &amp;  me  lier  les  mains  en  Allemagne  et  A  soumettre
les  grands  int6r&amp;ts  de  mon  gouvernement,  soit  aux  vues  subalternes  et  aux
interets  compliqu6s  des  petits  Princes,  soit  aux  vues  ambitieuses  de  la  Cour
de  Rome  et  de  ceux  qui  pourroient  avoir  interet  A  la  favoriser.

Tel  est  le  coup  d’oeil  general  que  je  vous  mets  &amp;  mäme  de  jetter  sur
cette  affaire,  et  qui  servira  &amp;  vous  donner  des  notions  justes  sur  mes  interets
et  sur  mes  intentions.  Quant  au  detail,  vous  savez  qu’a  l’exception  de
trös-peu  de  cas  particuliers  qui  ne  regardent  que  quelques  parcelles  de  la
Sil6sie  et  par  consequent  pas  l’Empire  Germanique,  aucun  &amp;v&amp;que  6tranger
na  de  juridiction  dans  mes  6tats.  Le  trait6  de  Westphalie  me  donne  des
droits  de  juridietion  ecelssiastique  d’apres  l’annde  normale  1624,  et  enfin  le
Recds  de  la  De£putation  de  l’Empire  $  25  a  liber6  de  la  juridiction  metropolitaine
  du  ci-devant  Siöge  de  Mayence  toutes  mes  provinces  et  Possessions
  territoriales.  L’exemtion  de  toute  juridiotion  metropolitaine  et  diocesaine
  6trangdre  est  donc  un  point  incontestablement  et  gönsralement
fond&amp;6  pour  toutes  mes  provinces  germaniques,  et  auquel  je  ne  permettrai
jamais  que  les  6v&amp;ques  voisins  ou  la  Cour  de  Rome  portent  la  moindre
atteinte.  Vous  observerez  done  avec  le  plus  grand  soin  les  d&amp;marches  du  Pape,
des  Cardinaux  et  de  l’Electeur  Archi-Chancelier  relatives  au  Concordat  et  &amp;
tout  ce  qui  le  concerne,  et  outre  cela  l’accueil  plus  ou  moins  favorable  que  le
Gouvernement  Frangais  leur  fera,  et  vous  m’en  rendrez  exactement  compte
dans  des  rapports  söpar6s  de  vos  autres  rapports  politiques.  Quant  &amp;  la  conduite
  que  vous  aurez  &amp;  tenir  vous  m&amp;öme  &amp;  cet  &amp;gard,  je  me  borne  &amp;  vous
avoir  trac&amp;  les  principes  auxquels  vous  vous  tiendrez  invariablement,  et  M’en
remetsa  aveo  confiance  &amp;  Votre  zele  et  &amp;  Votre  Sagacit6  pour  leur  application.

Je  passe  au  second  point  de  vue  qui  est  celui  du  Concordat  entre  la
Cour  de  Rome  et  le  reste  du  Corps  Germanique  &amp;  l’exception  de  mes  propres
  provinces,  et  je  ne  balance  pas  &amp;  vous  dire  que  je  serais  bien  aise
d’apprendre  que  le  projet  du  Concordat  €chouät  entitrement.  Je  ne  saurois
bien  augurer  d’une  negociation  entamde  de  cette  maniere,  et  je  pröfererois
deeidement  &amp;  tout  Concordat  germanique,  tant  pour  les  Princes  Protestants
de  l’Allemagne  que  pour  les  Gouvernements  Catholiques,  un  systöme  de
tolrance,  de  libert6  de  conscience  et  de  relations  avec  la  Cour  de  Rome,

@ranier,  Preussen  und  die  kath.  Kircho.  IX.  16

1804
Okt.  19