1804
Nov.  17

248  Urkunde  No.  767.

rivdee  &amp;  Monsignor  della  Genga  avant  le  döpart  du  Pape,  il  auroit  accompagn6
  le  Souverain  Pontife,  puisqu’il  paroit  que  ce  n’est  que  la  crainte  de
faire  trop  d’&amp;clat  qui  emp£che  qu’on  ne  le  laisse  point  partir  &amp;  present.
C’est  sous  ce  point  de  vne  surtout  qu’il  faut  le  regarder  certainement  comme
une  nouvelle  preuve  de  la  sagesse  de  V.  M.  et  de  l’attention  'qu’Elle  daigne
porter  constamment  sur  tous  les  inter&amp;ts  de  Ses  sujets,  qu’Elle  a  muni  Son
Ministre  &amp;  Paris  de  Ses  instructions!)  sur  cette  affaire;  car  il  est  en  eflet  tres
fort  &amp;  craindre  que  l’Electeur  Archi-Chancelier  et  les  cardinaux  qui  accompagnent
  le  Pape,  ne  conviennent  d’un  Plan  qu’apres,  soutenus  par  [!’Empereur
  des  Frangois,  ils  proposeroient  tout  fait  &amp;  la  diette  de  l’Empire,  et
les  choses  en  6tant  une  fois  la,  il  sera  infiniment  plus  difficile  d’y  faire
faire  changer.  L’Empereur  Napol&amp;on  m&amp;me  seroit  probablement  entierement
favorable  aux  vues  de  la  Cour  de  Rome,  car  quelques  distingu6es  que  puissent
  Etre  les  talens  de  cet  homme  extraordinaire,  il  est  neanmoins  certainement
  tout  &amp;  fait  &amp;tranger  aux  points  de  vue  qui  sont  les  seuls  veritables
dans  cette  affaire;  il  part  tr&amp;s  naturellement  de  principes  entierement  differens
  et,  apr&amp;s  avoir  vu  le  concordat  qui  s’est  fait  sous  ses  auspices  avec
la  Republique  Italienne,  les  motifs  de  crainte  de  ce  cöt&amp;  ne  sont  que  trop
justifies.  Si  quelque  chose  etoit  faite  pour  rassurer  dans  cette  conjoncture,
non  pas  par  rapport  aux  interöts  de  V.  M.  qui  seront  toujours  respectes,
mais  par  rapport  ä  ceux.des  petits  Princes  de  l’Allemagne,  ce  seroit  le
caracttre  personnel  des  cardinaux  qui  se  trouveront  avec  le  Pape  &amp;  Paris
et  l’Electeur  Archi-Chancelier.  Il  n’y  a  parmi  les  premiers  que  Antonelli,
de  Pietro  et  Caselli  qui  seront  probablement  charges  de  cette  affaire;
Braschi,  de  Bayane  et  Borgia  n’y  joueront  gueres  un  röle  principal,  mais
au  cas  qu'ils  fussent  consultes,  quoiqu’ils  ayent  certainement  des  idees  plus
liberales  et  plus  Eclairees  que  les  trois  premiers,  ils  seront  neanmoins  toujours
  d’accord  avec  eux  sur  tout  ce  qui  est  ou  paroit  avantageux  au  St.
Siege.  Les  trois  premiers  sont  imbus  de  tous  les  prejuges  romains,  et  quiconque
  a  des  affaires  un  peu  difliciles  &amp;  traiter  a  Rome  est  sür  de  trouver
tonjours  surtout  de  Pietro  et  Antonelli  dans  son  chemin.  Ils  sont  cependant
  bien  differens  un  de  l’autre.  Le  premier  silencieux,  cach6  et  dur,
mais  affectant  la  modestie,  la  simplieits6,  la  r6signation  et  la  douceur,  n’oppose
  le  plus  souvent  &amp;  tout  ce  qu’on  lui  dit  que  la  volonte  du  St.  Pere.
Antonelli  au  contraire  plus  fin  et  plus  deli6,  cause  volontiers,  6coute,  entre
en  discussion,  semble  souvent  vouloir  8’&amp;carter  des  principes  trop  rigoureux,
mais  revient,  apr&amp;s  avoir  Epuis6  tous  les  sophismes  possibles,  toujours  avec
une  opiniätret6  egalement  invincible  &amp;  sa  these.  Caselli  enfin  est  Moine
dans  toute  la  force  du  terme,  mais  cache  ce  caractere  sous  des  dehors  fort
aimables.  Parmi  les  autres  Prelats,  il  n’y  en  a  aucun  &amp;  qui  l’on  confieroit
une  affaire  vraiment  importante.  Il  est  impossible  que  l’Electeur  Archi-Chancelier
  convienne  dans  le  fond  de  son  coeur  avec  des  caracteres  de  cette

1)  No.  760.