Kurerzkanzler.  Nuntius.  Konkordst.  Rom.  Paris.  249

nature,  et  il  n’est  pas  capable  de  dissimuler,  il  est  m&amp;me  beaucoup  trop  N

vif  et  trop  emport6  pour  conduire  une  negociation  par  lui-m&amp;me.  Il  voudroit
  tout  terminer  sur  le  champ  et,  quant  aux  Cardinaux,  au  contraire  la
seule  idee  de  devoir  se  decider  sans  lenteur  &amp;  laquelle  ils  sont  accoutumes,
safüt  pour  les  degouter  d’un  projet;  d’ailleure  la  Cour  de  Rome  n’a  pas
ane  opinion  favorable  de  lui,  ce  n’est  que  pour  son  inter&amp;t  qu’elle  fait  dans
ce  moment  cause  commune  avec  lui,  et  les  principes  d’ici  et  les  siens  doivent
  Etre  tr&amp;s  differens,  puisque  les  propositions  envoy6  ici  de  Vienne  par
son  Agent  Colborn  et  le  Conseiller  Imperial  Franc,  ont  &amp;t6  rejett6es  pour
la  plus  grande  partie  et  de  maniere  qu’il  n’est  pas  venu  d’autre  r6ponse.
Nonobstant  cela,  leurs  intsr&amp;ts  sont  dans  ce  moment  les  m@mes  jusqu’&amp;  un
certain  point,  et  sang  l’assistance  de  V.  M.  il  n’est  que  trop  probable  que
ceux  des  Princes  moins  puissants  de  l’Allemagne  deviendront  vietimes
de  leur  Alliance,  et  ce  n’est  pas  au  moins  la  cause  de  la  tol&amp;rance  gönerale
  et  de  la  libert$  de  conscience  que  V.  M.  protege  si  gönereusement  qui
y  gagneroit;  car  il  ne  me  paroit  pas  qu’il  y  ait  encore  le  moindre  doute
que  ce  ne  soit  pas  dans  ce  moment  &amp;  Rome,  mais  &amp;  Paris  et  &amp;  Ratisbonne,
qu'il  faudra  travailler  contre  les  vues  de  la  Cour  de  Rome,  et  que  ce  ne  soit
möme  tant  cette  Cour,  que,  si  j’ose  le  dire,  l’Electeur  Archi-Chancelier
qu'il  faudra  observer  avec  attention.  Le  projet  ...  se  developpe  de  jour
en  jour  d’avantage.  L’Electeur  Archi-Chancelier,  en  sa  qualit6  de  Prince
de  l’Empire,  cherche  &amp;  former  un  Corps  d’Ev&amp;ques  independans,  autant  que
possible  Souverains,  auxquels  appartiennent  leurs  Dioctses;  Il  est  assure
pour  cet  eflet  d’abord  de  la  Cour  de  Vienne  qui  bien  certainement  l’appuye
  sous  main;  il  s’est  adress6  ensuite  &amp;  l’Emp”  des  Francois,  il  profite,
dans  le  moment  present,  de  la  presence  du  Pape  &amp;  Paris,  et  trop  sage  pour
se  datter  de  vaincre  jamais  la  resistance  que  lui  opposeroit  V.M.,  il  commence
  par  renoncer  &amp;  8’occuper  de  quelque  maniere  que  ce  soit,  du  sort
des  Eglises  dans  les  Etats  Prussiens  et  dans  ceux  de  l’Empereur  d’Autriche.
Ba  premiere  demarche  sera  probablement  de  mettre  des  entraves  &amp;  l’ex6-eution
  de  la  conformit6  exacte  des  limites  Dioc&amp;saines  et  territoriales,  sa
seconde  peut  &amp;tre  de  tächer  de  s’assurer  le  droit  de  nommer  aux  Ev£ches,
aux  Chapitres  &amp;  etablir  et  de  l’arracher  aux  Princes  Souverains;  car  ce
n’est  pas  sans  raison  qu’on  a  ajoute  &amp;  l’Art.  62  du  rec&amp;s  de  la  deputation
de  l’Empire  que  la  nouvelle  division  des  Dioceses  dependroit  aussi  de  l’etablissement
  des  Chapitres  Catedrales,  pour  avoir  occasion  de  revenir  sur  ce
point,  L’Electeur  Archi-Chancelier  est  trop  juste,  trop  claire,  trop  ami  des
idees  liberales  pour  qu’il  ne  feroit  pas  tout  au  monde  pour  6tablir  toujours
une  harmonie  parfaite  entre  le  pouvoir  ecclesiastique  et  le  pouvoir  s6culier;
mais  le  syst&amp;me  seul  qu’il  y  ait,  un  veritable  pouvoir  ecclesiastique  independant
  pour  d’autres  affaires  que  celles  qui  sont  purement  spirituelles  &amp;
t6  du  pouvoir  s6culier,  est  pernicieux  en  Iui  meme  et  il  doit  en  najitre
tt  ou  tard  des  conflits  desagreables  aux  Sonverains  et  nuire  A  leurg  sujets

1804
ov.  17