1804
Nov.  17

250  Urkunden  No.  767—769.

et  &amp;  la  religion  elle  m&amp;me.  Pour  prouver  en  quelque  fagon  &amp;  V.M,  ee
que  je  viens  de  Lui  dire,  j’ose  joindre  &amp;  ce  ...  rapport  une  Copie  littrale
  de  1a  lettre  de  l’Electeur  Archi-Chancelier  &amp;  Mon  Signor  della  Genga.
Comme  on  fait  un  si  grand  mistöre  de  l’invitation  faite  &amp;  ce  Prelat  que
le  Card.  Secröt.  d’Etat  n’en  oonvient  pas  m&amp;me,  et  comme  Mon  Signor  della
Genga  ne  se  rend  pas  &amp;  Paris,  il  m’a  paru  necessaire  de  fournir  &amp;  V.M.
la  preuve  materielle  de  ce  fait,  et  j'y  ai  heureusement  r6eussi.  La  lettre
me  semble  remarquable  en  elle  m&amp;me,  puisqu’on  n’auroit  pas  cru  voir
l’Electeur  Archi-Chancelier  donner  ses  suffrages  &amp;  un  ex-j6suite  tel  que  le
Sr.  Zallinger  duquel  le  Cardinal  Fesch  m&amp;me  dit  un  jour,  peu  avant  son
de&amp;part,  qu’on  regrettoit  ici  m&amp;me  la  petite  somme  qu’il  avoit  coute  pour
le  faire  venir,  tant  c’6toit  un  homme  nul  et  insignifiant;  mais  cette  lettre
renferme  une  phrase  qui  me  semble  meriter  la  plus  grande  attention.  8.
A.  Electorale  y  dit  qu’Elle  veut  exposer  au  Pape  l’stat  et  les  voeux  des
Eglises  d’Allemagne.  Si  ce  langage  conviendroit  au  Primas  de  l’Empire
avant  la  secularisation,  je  ne  sais  gil  lui  convient  encore  dans  le  moment
present.  Ce  ne  sont  point  les  Eglises,  ce  me  semble,  qui  doivent  6mettre
leurs  voeux  au  Souverain  Pontife,  c’est  aux  Princes  &amp;  declarer  quelles  conditions
  ils  jugent  &amp;  propos  de  mettre  &amp;  leurs  communications  avec  la  Cour
de  Rome.  Je  ne  sais  si  je  me  trompe,  mais  cette  phrase  indique,  &amp;  ce  qui
me  paroit,  asses  clairement  la  manidre  de  laquelle  l’Electeur  Archi-Chancelier
  envisage  les  rapports  du  Clerg6  avec  les  Princes  de  l’Allemagne.  Plus
il  est  certain  que  personne  ne  8’avisera  jamais  de  vouloir  m&amp;ler  les  interets
des  Etats  de  V.  M.  dans  la  ne6gociation  d’un  Concordat  germanique  aussi
töt  qu’Elle  aura  fait  la  declaration  formelle  de  ne  pas  vouloir  y  entrer,
plus  il  est  genereux  de  Sa  part  de  vouloir  6viter,  s’il  est  possible,  un  ps
reil  Concordat  egalement  au  reste  de  l’Allemagne,  et  il  faut  avouer  que
deux  r6flexions  ne  rendroient  la  r6ussite  de  ce  Concordat  pas  m&amp;me  indifferent
  aux  interets  de  V.M.  Car  en  premier  lien,  il  est  &amp;  prevoir  que
la  Cour  de  Rome,  ayant  gagne  un  point  aussi  considerable,  en  deviendra
et  plus  hardi  et  plus  opiniätre,  et  que  m&amp;me  pour  les  affaires  de  V.M.  il
sera  plus  difficile  de  traiter  avec  elle.  Elle  m&amp;me  [est]  cependant  toujours
trop  foible  pour  opposer  une  resistance  vöritable,  et  o’est  pourquoi  j’ajonte
un  plus  grand  poids  &amp;  la  seconde  qui  se  rapporte  toute  entiere  &amp;  l'etat
politique  de  Allemagne.  Il  ne  me  semble  pas  probable  qu’un  simple  partieulier
  parvienne  une  seconde  fois  &amp;  la  dignit6  &amp;minente  d’Electeur  Archi-Chancelier.
  Il  n’est  pas  invraisemblable  peut  &amp;tre  qu’elle  tombe  un  jour
en  partage  &amp;  un  Prince  de  la  maison  d’Autriche,  et  sous  ce  seul  point  de
vue  il  me  paroft  tr&amp;s  dangereux  de  laisser  accorder  au  Primas  d’  Allemagne
une  trop  grande  infinence.  Le  moyen  le  plus  sür  d’emp6cher  la  conföderation
  d’un  concordat  me  paroit  toujours,  ainsi  que  j’ai  d6ja  eu  l’honneur
de  le  reprösenter  &amp;  V.  M.,  la  prompte  discussion  de  l’article  62  du  rocd?
de  la  deputation  de  l’Empire.  J’ose  seulement  encore  soumettre  &amp;  la  38