Rom.  Nuntius.  531

ienir  dans  de  justes  bornes  möme  un  Nonce  et  plus  facilement  encore  un
imple  Agent,  etoit  d’une  justesse  parfaite;  mais  ce  n’6etoit  pas  tant  la
:rainte  de  la  violation  de  ses  veritables  droits  qui  rendoit  une  Cour  moins
lisposee  au  projet  en  question,  que  celle  que  la  presence  d’un  Agent  papal
ne  produise  beaucoup  de  petites  questions  qui,  &amp;  la  longue,  pouvoient  troubler
la  bonne  harmonie  entre  les  deux  cours  et  faire  naitre  une  möfiance  mutuelle,
surtout  si  l’agent  un  jour  6toit  un  homme  inquiet,  peu  discret  ou  ambitieux.
J'ajoutai  enfin  que  la  reciprocit6,  de  laquelle  le  Cardinal  parloit,  n’existoit
pas  dans  le  cas  present,  puisque  V.  M.  avoit  bien  des  affaires  &amp;  Rome,
paisqu’Elle  daignoit  y  protöger  les  interets  de  ses  sujets  catholiques,  mais
que  le  m&amp;me  cas  n’avoit  pas  lieu,  &amp;  franchement  parler,  pour  le  Pape  &amp;  Berlin.

V.  M.  daignera  s’imaginer  que  le  Cardinal  ne  convint  pas  de  ce  raisonnement,
  quoiqu’il  le  combatit  fort  faiblement;  loin  de  prolonger  alors
la  discussion  dans  la  quelle  je  n’6tois  entrd  que  malgr6  moi,  je  me  contentai
de  dire  au  Cardinal  que  j’avois  dü  lui  donner  ces  explications  pour  lui  faire
voir  que  la  Cour  de  Berlin  envisageoit  ce  point  d’une  manitre  qui  ne  fesoit
tort  en  rien  &amp;  ses  sentimens  envers  celle  de  Rome,  mais  que  la  crainte  du
contraire  altereroit  ses  relations  avec  elle,  la  detourneroit  du  projet  de  [ne]
seloigner  d’une  marche  qu’on  avoit  tenue  avec  un  Bi  heureux  succ&amp;s  jusqu’&amp;a
preent;  que  du  reste  je  ne  pouvois  dor6navant  dire  autre  chose,  si  non
que  la  nöte  de  1797  montroit  6videmment  qu’elles  avoient  6t6  alors  les
maximes  de  V.  M.  &amp;  cet  egard;  que  les  instructions  que  j’avois  regues  en
venant  ici,  etoient  dgalement  positifes,  qu’elles  n’avoient  pas  &amp;t6  r&amp;voquees
depuis  et  que,  quoique  V.  M.  avoit  pü  croire  abandonne  ce  projet  du  Pape,
puisque  pendant  prös  de  quatre  ans  on  ne  m’avoit  pas  donn6  la  plus  petite
oceasion  d’en  parler  dans  mes  depeches,  j'6tois  sür  cependant  que  ses  intentions
  n’6toient  pas  diffsrentes  &amp;  present.

Le  Pape  voulüt  lä-dessus  me  parler  lui-möme  sur  cet  objet,  mais  je
le  deelinai  en  repr6sentant  au  Cardinal  Seeretaire  d’Etat  qu’il  seroit  embarrassant
  pour  moi  de  discuter,  pour  ainsi  dire,  avec  le  Souverain  lui  m&amp;me
un  point,  sur  lequel  le  seul  parti  sage  &amp;  prendre  6toit  de  declarer  franchement
  et  amicalement  les  maximes  de  la  Cour  sans  entrer  dans  des  details
ulterieurs.

Dans  toutes  ces  contestations  je  m’appergus  elairement  qu'on  se  seroit
servis  volontiers  du  changement  actuel  de  mon  titre  pour  fonder  en  qnelque
  facon  sur  lui  la  proposition  en  question,  et  je  diff6rai  pour  cela  de
faire  la  notification  officielle  de  ma  nomination.  Je  dois  avouer  &amp;  la  verite
qu’on  n’a  jamais  fait  semblant  seulement  de  vouloir  diff6rer  l’acte  de  me
reconnaitre;  au  contraire  le  Cardinal  Seerstaire  d’Etat  a  r&amp;pet6  souvent,
combien  la  Cour  de  Rome  agr6sroit  la  d6marche  faite  par  V.  M.;  mais  il
me  dit  cependant  qu’il  vouloit  ajouter  &amp;  la  nöte,  dans  la  quelle  il  reconnoitroit
  mon  nouveau  titre  au  nom  du  Pape,  que  8.  8%  se  flattoit  que  V.  M-Ini
  permettroit  egalement  d’avoir  un  interprete  des  ses  sentimens  aupr&amp;s  de

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1807
Mai  21