1806
Mai  21

532  Urkunde  No.  920.

sa  Cour.  Quoique  cette  phrase  n’eut  jamais  pü  obliger  &amp;  rien  V.  M.,  elle
me  sembla  n6anmoins  inconvenable  &amp;  tout  &amp;gard  et  je  priai  par  consequent
le  Cardinal  de  laisser  tomber  cette  idee;  mais  au  lieu  de  se  d6cider  &amp;  cela,
il  me  proposa  seulement  differens  changemens  et  voulut  se  borner  &amp;  parler
plus  vaguement  des  esperances  d’une  simple  r6ciprocit6.  Comme  je  vis
qu’il  n’y  avoit  pas  manitre  de  lui  faire  abandonner  cette  idee,  je  lui  dis
franchement  qu’en  aucune  facon  je  ne  pouvois  admettre  une  phrase  pareille,
que  j’agirois  en  le  fesant  indelicatement  envers  la  Cour  de  Rome  que  j’auroi:
l’air  d’entretenir  dans  une  esp6rance  illusoire,  et  indiscrötement  envers  la
mienne,  puisque  je  permettrois  qu’on  mit  en  quelque  facon  un  prix  &amp;  une
d&amp;marche  dont  l’avantage  principal  &amp;toit  de  mon  cöt6  et  de  celui  du  St.  Siege
lui-möme,  et  je  declarai  au  Cardinal  de  la  maniere  la  plus  polie,  mais  la
plus  determinee  que,  si  la  nöte  par  laquelle  il  repondoit  &amp;  ma  commaunication
  6toit  tellement  redigee,  je  ne  pouvois  y  condescendre,  mais  que  }
devois  supplier  V.  M.,  en  lui  rendant  compte  de  tout  ce  qui  8’6toit  pas.
de  disposer  autrement  du  titre  dont  Elle  avoit  daigne  m’honorer.  Cett
declaration  fit  l’effet  desire;  il  ne  füt  plus  question  entre  le  Cardinal  et
moi  du  projet  de  la  mission;  je  lui  envoyai  le  16.  ma  nöte  officielle  et
je  regus  le  lendemain  la  reponse  telle  que  V.  M.  aura  daigne  la  trourer
dans  le  th.  rapport  allemand  que  j’ai  eu  l’honneur  de  Lni  adresser  ar
jourd’hui.')

Le  Pape  seulement  m’a  t6moignd  dans  l’audience  que  j'eus  de  In
avant  hier  qu’il  auroit  vivement  desire  d’avoir  aussi  de  son  cöt6  quelceun
aupres  de  V.  M.;  mais  je  lui  ai  repondu  en  deux  mots  qu’on  avoit  troure
jusqu’ici  des  difficult6s  dans  l’ex&amp;cution  de  cette  id6e  &amp;  Berlin,  et  j’ai  tournt
la  conversation  sur  d’autres  objets.

Quelque  peu  agr6able  qu’il  m’ait  6t6  d’entrer  dans  toutes  ces  discussions,
je  crois  pouvoir  me  flatter  avec  fondement  qu’elles  m’ont  pas  &amp;t6  inutiles;
le  Cardinal  Seerctaire  d’Etat  m’a  dit  lui-m&amp;me  que,  d’apr&amp;s  ce  que  je  venois
de  lui  deelarer,  il  restoit  bien  peu  d’6spoir  möme  pour  l’avenir  que  V.M.
changeät  un  jour  ses  idees  A  cet  &amp;gard.  Comme  ndanmoins  la  Cour  de
Rome  voit  que  le  syst&amp;me  de  couper  toute  communication  directe  entre  elle
et  le  Clerge  prussien,  hors  celle  par  la  mission  de  V.  M,  &amp;  Rome,  lui  öte
absolument  toute  occasion  de  s’informer,  ainsi  qu’elle  le  voudroit,  de  l’etat
des  choses  chez  nous  ou  de  singerer  davantage  dans  ce  qui  regarde  les
sujets  catholiques  de  V.  M.,  elle  n’abandonnera  que  tr&amp;s  difficilement  le
projet  qu’elle  a  concu  depuis  plusieurs  anndes,  et  il  se  ponrroit  bien  que
le  Prölat  della  Genga  essayät  &amp;  le  mettre  de  nouveau  sur  le  tapis;  mais
alors  les  explications  que  j’ai  eues  avec  le  Cardinal  serviront  toujours  &amp;  ce
qu’on  pourra  se  r6ferer  &amp;  elles  et  rappeler  au  Prelat  della  Genga  que  j'avois
declar6  plus  d’une  fois  iei  que,  si  6toit  l’esperance  de  r&amp;ussir  dans  ce  projet

N  Cfr.  No.  921.