Rom.  Nuntius.  533

ui  avoit  surtout  fait  accueillir  avec  plaisir  ici  ma  nouvelle  nomination,  je
n’avois  pas  &amp;t&amp;  autoris6  &amp;  nourrir  une  pareille  esperance.

J’ai  dej&amp;  eu  l’honneur  de  mander  &amp;  V.  M.  que  le  Prelat  della  Genga
tächera  de  pouvoir  traiter  des  affaires  des  provinces  nouvellement  acquises
par  V.  M.  avec  Son  Ministre  &amp;  Ratisbonne;  mais  il  fera  probablement  plus
encore;  car  le  Cardinal  Secrstaire  d’Etat  m’a  dit  qu’on  avoit  le  plan  de
faire  demander  ou  de  Ratisbonne  ou  de  Munic,  si  V.  M.  voudroit  permettre
au  Prelat  de  la  Genga  de  venir  &amp;  Berlin  faire  sa  cour  A  V.  M.  et  s’aboucher
avec  son  Ministöre;  il  ajouta  que  le  s6jour  du  Prelat  n’y  seroit  toujours
que  de  peu  de  semaines  et  qu’il  n’avoit  pas  besoin  d’y  venir  sous  un  caractere
  public,  mais  seulement  en  particulier.  J’ai  va  cependant  qu’il  portera
probablement  une  lettre  du  Pape!)  a  V.  M.  pour  en  faire  usage  au  cas  qu’
Elle  daignät  vouloir  faire  traiter  avec  lui.  Comme  je  ne  me  croyois  pas
autoris6e  &amp;  dire  que  je  ne  croyois  pas  que  V.  M.  ne  permettroit  pas  m&amp;me
au  Prelat  della  Genga  de  venir  de  cette  manitre  et  en  quelque  facon  en
simple  particulier  &amp;  Berlin,  j’ai  repondu  au  Cardinal  que,  puisqu’on  ne  m’avoit
jamais  parl&amp;  auparavant  du  plan  de  traiter  non  &amp;  la  Diöte,  mais  s6parement
avec  V.  M.  en  Allemagne  ou  meme  &amp;  Berlin,  je  ne  pouvois  avoir  des  instractions
  pröcises  sur  cet  objet,  mais  que  V.  M.,  en  8’opposant  pour  Ses
Etats  &amp;  une  negoeistion  &amp;  la  Ditte,  avoit  deelar6  positivement,  ainsique  je
l'avois  dit  dans  le  tems,  de  ne  vouloir  traiter  qu’exclusivement  &amp;  Rome  et
par  mon  organe  et  que  cela  sembloit  exclure  aussi  le  nouveau  projet;  que
d’ailleurs  il  y  avoit  bien  peu  d’objets  sur  lesquels  une  negociation  füt  necessaire,
  et  que  par  ces  Taisons  V.  M.  pourroit  peutetre  juger  superflu  le
voyage  du  Prelat  della  Genga  &amp;  Berlin.

J’ai  bien  vu  que  les  instructions  de  ce  Prelat  vont  jusqu’&amp;  faire  des
repr6sentations  respectueuses  &amp;  V.  M.  sur  quelques  griefs  qu’on  croit  avoir
ici  sur  le  traitement  des  Catholiques  de  quelques  Provinceg  prussiennes.  Je
me  suis  appergu  qu’il  arrivoit  ici  quelquefois  de  ces  plaintes,  mais  le  sistöme
qu’on  a  constamment  suivi  ici,  6toit  de  les  tenir  aussi  secr&amp;tes  que  possibles
pour  moi,  de  ne  me  les  allöguer  qu’en  general,  surtout  au  moment  oü  je
formais  une  demande,  mais  de  ne  jamais  entrer  dans  aucun  detail,  quelques
instances  que  je  fisse  pour  cela.  Par  des  voyes  indirectes  j’ai  appris  que
celles  qu’on  a  eues  en  vne  en  dernier  lieu,  venoient  des  nouvelles  provinces
de  V.M.  et  surtout  de  Münster,  oü  l’on  se  plaint  entr’autres  de  la  doctrine
peu  ortodoxe  d’un  Professeur.2)  Je  me  suis  m&amp;me  servi  de  cet  exemple
Pour  prouver  au  Cardinal,  combien  ces  sortes  de  griefs  6toient  fütils,  puisque
  certainement  personne  ne  prö6tendroit  que  V.  M.  alterät  la  libert6  de  la

pensee,  si  heureusement  6tablie  dans  Ses  Etats,  et  j’ai  r6pets  souvent  que,
PT

I)  Cfr.  No.  918.

2!  Wohl  des  Paters  Sammelmann,  cfr.  No.  630  und  792,  dem  dann  am  13.  August
1806  die  Dechanei  und  Pfarre  zu  Freckenhorst  verliehen  wurde;  s.  a.  die  Anmerkung
  bei  No.  721,  am  Schlusse.

1806
Mai  21