538  Urkunden  No.  923—924.

en  Fesch  et  le  Saint  Siege.  Le  Cardinal  Dugnani,  nomme  Erveque  de  Imola.
devoit,  d’aprös  les  intentions  de  la  France,  avoir  &amp;  la  fois  ce  Siege  eEpiscopal
  et  celui  de  la  Sabine  qui  est  un  de  ceux  destinds  exclusirement  aux
Cardinaux  et  qui,  d’apr&amp;s  son  tour,  revient  &amp;  present  au  Cardinal  Duenan:.
Le  Pape  trouvant  absolument  contraire  dans  ses  opinions  religieuses  les  possessions
  simultandes  de  deux  Ev£ches,  s’y  opposa  et  le  fit  d’autant  plu:
qu’on  pretendoit  que  le  Cardinal  Dugnani  devoit  prendre  en  propriete  }-Siege
  dImola  et  en  administration  celui  de  Sabine;  car  comme  c’est  toujonr:
l’Evech6  le  plus  distingue  qu’on  donne  en  propriets,  il  sembla  ind&amp;cent  de
deroger  &amp;  la  dignit6  d’un  Ev£che  qui,  comme  celui  de  la  Sabine,  appartient
aux  six  Evöches  situcs  dans  le  Patrimoine  de  St.  Pierre  et  destines  exelusivement
  aux  Cardinaux.  A  ce  motif  se  joignirent  les  dispositions  d£;z
contraires  du  Pape;  il  declara  qu'il  ne  vonloit  jamais  plus  conferer  deu:
Eveches  &amp;  la  fois,  et  le  Cardinal  Dugnani  en  effet  se  contentera  probablement
  de  celui  de  la  Sabine  ou  sera  forc&amp;  au  moins  d’opter  entre  celui-:i
et  Imola.  C’est  avec  cette  raison  que  le  Pape  commenca  d’abord  par  me
dire:  que  la  demande  de  V.  M.  le  mettoit  dans  un  embarras  extreme,  et
qu’il  me  r6peta  toujours  qu’il  ne  pouvoit  pas  faire  apresent  ce  qu'il  avoit
tout  recemment  refuse,  en  ajoutant  qu’il  deplairoit  6galement  aA  V.  M.  si.
n’ayant  pas  cru  devoir  entrer  dans  une  de  Ses  propositions,  il  vouloit  ®
departir  ensuite  des  m&amp;mes  principes  en  faveur  d’une  autre  Puissance;  mais
il  tächa  de  me  rassurer  de  toutes  les  manitres  sur  la  certitude  d'un  Breve’
d’un  certain  tems.  Sur  ma  demande,  si  je  pouvois  au  moins  mander  &amp;  V.
M.  qu’il  L’assuroit  verbalement  que  le  Pr.  Raczinsky  pourroit  jouir  aussi  de
son  autorisation  papale  pendant  toute  sa  vie  des  deux  Evöches,  il  me  repondit
a  la  verit6  en  riant  qu’il  ne  pouvoit  pas  m’authoriser  &amp;  cela,  puis  qu’une
telle  assurance  seroit  tout  autant  qu’une  Bulle;  mais  il  reprit  aussitöt  le
conversation,  en  disant  que  je  devois  bien  avoir  vu  que  le  St.  Siege  ne
pensoit  jamais  &amp;  6carter  quelcun  qui  se  trouvoit  une  fois  dans  une  possexsion
  quelcongue.  Je  lui  observai  lä-dessus  que  d’apres  cela,  quoique  je
pouvois  &amp;  peu  pres  compter  sur  ges  propres  dispositions  &amp;  l’Egard  du  renouvellement
  du  Breve,  le  malbeur  pouvoit  faire  qu’au  renouvellement  &amp;  cette
epoque  il  ne  vivät  plus  et  que,  V.  M.  ayant  d6ja  nomm&amp;  le  Pr.  Raczinsky
aux  deux  sieges,  je  devrois  &amp;tre  rassure  &amp;  tous  les  &amp;egards.  Il  me  repliqua
que  les  maximes  du  St.  Biöge  restoient  toujours  les  memes;  que  son  successeur
  dans  ce  cas  feroit  ce  qu’il  auroit  fait  lui  m&amp;me  et  qu’il  n’etoit  pas
bon  toujours  de  vouloir  trop  rechercher  les  choses  et  les  assurances  trop
scurpuleusement.  V.  M.  daignera  juger  Elle  m&amp;me  par  cette  phrase  que
j’ai  cru  devoir  lui  r6peter  exactement  que  le  renouvellement  du  Breve  ne
paroit  en  effet  expos6  &amp;  aucun  doute  et  qu’on  craint  seulement  de  le  dire
ici  d’une  maniere  officiellement  positive,  mais  aussi  voudra-t-Elle  me  faire

1:  Wohl:  »Brevet«,  oder  auch  »Bref«.