1807
Jan.  28

614  Urkunden  No.  967—968.

Il  est  certainement  faux  que  le  Pape  ne  soit  que  pour  le  nom  dan:
les  r6solutions  qu’il  prend,  et  que  ses  Ministres  lui  repr6sentent  les  choses
&amp;  leur  gre.  Le  Pape  n’a  pas,  il  est  vrai,  pr6cisement  le  caractere  hardi
et  entreprenant  et  il  peut  &amp;tre  induit  en  erreur  sur  les  points  qui  demandent
  des  recherohes  compliquees,  mais  il  a  6t6  le  juge  droit  et  sain  d’esprit,
p6n6trant  et  ornd  d’une  lecture  plus  6tendue  et  plus  variee  qu’on  ne  la
supposeroit  dans  l’6tat  monastique  d’oü  il  sort,  la  volont€  la  plus  ferme  et
la’  plus  insbranlable  dans  tout  ce  qu’il  croit  juste  et  n6cessaire,  et  un  sentiment
  profond  et  delicat  de  ce  qu’exige  son  devoir  et  la  dignit6  de  1a  place
qu'il  occupe.  Il  n’a  pas  certainement  jamais  eu  besoin  de  conseils  de  personne
  dans  les  grands  intsr&amp;ts  qui  se  discutent  &amp;  present  entre  la  France
et  lui,  et  il  n’a  consult6  les  Cardinaux  que  parce  qu’il  aime  &amp;  regarder
la  Cour  de  Rome,  selon  son  institution  primitive,  comme  une  esptce  de
gouvernement  mixte  dans  lequel  le  Collöge  des  Cardinaux  partage  le  pouvoir
supr&amp;me  avec  le  pape.  I  est  faux  encore  que  le  Pape  et  ses  ministres
se  soyent  laisses  diriger  dans  leur  conduite  par  une  animosit6  mal  entendue
contre  la  France;  il  seroit  impossible  de  citer  la  moindre  dömarche  sur
laquelle  un  pareil  sentiment  efit  influ6.  On  est  toujours  au  contraire  alle
au  devant  de  tous  les  desirs  de  cette  puissance  et  on  a  port6  la  complaisance
  aussi  loin  que  le  permettoient  et  la  dignit6  et  les  inter&amp;ts  du  St.
Sitge.  Mais  on  a  d6fendu  vouloir  compromettre  ni  ces  derniers  ni!)  ...

La  cour  de  Rome  sent  qu’il  seroit  de  toute  injustice  de  se  declarer
ennemie  de  puissances  et  de  nations  qui  ne  l’ont  jamais  oflensde;  que  le
Ministöre  d’un  Pape  est  une  sp6culation  de  paix  et  qu’elle  agiroit  contre
ses  premiers  devoirs,  si  elle  attachoit  le  sort  des  catholiques  et  de  la  religion
qu’ils  professent  &amp;  une  querelle  qui  lui  est  entiörement  6trang&amp;re,  ce  qui
dirige  les  sentimens  et  la  conscience  du  Pape.  D’un  autre  cöt&amp;  le  gorvernement
  romain  voit  que  le  m&amp;mp  raisonnement  est  appuy®  par  une  Baine
politique.  Le  St.  Sidge  pourra  &amp;tre  renvers6  par  une  force  physique,  mais
il  pourra  toujourg  se  relever  de  sa  chüte  dans  d’autres  tems  au  lieu  quil
Beroit  trös  difficile,  si  non  impossible  pour  toujours,  de  revenir  &amp;  ce  qu’on
auroit  c6d6  par  un  consentement  libre  et  spontane.

C’est  ainsi  qu’il  me  semble  incontestable  que  Pie  VII.  aura  toujours
la  gloire  d’avoir  sacrifi6  toute  consid6ration  personnelle  &amp;  son  devoir,  d’avoir
reconnu  les  veritables  inter&amp;ts  du  St.  Siöge  et  d’avoir  senti  que  le  bien  m&amp;me
et  le  bonheur  d’une  nation  ne  peuvent  jamais  &amp;tre  separ6s  de  ce  que  l’honneur
  et  la  dignit6  dietent  &amp;  son  souverain.

Quant  &amp;  l’envoy  d’un  plenipotentiaire  en  partioulier  on  l’a  refuse,  puisqu’on
  craint  d’aprös  la  manitre  qu’il  avoit  6t6  demande  qu’il  ne  füt  oblige

“de  se  rendre  &amp;  Varsovie,  et  qu'on  ne  vent  en  aucune  maniere  et  pas  meme

par  la  simple  publication  d’un  ministre  envoy6  pour  un  autre  objet  sembler

1)  Lücke  in  der  Dechiffrirung.  '