48 16. Leissız, Meimoire pour les deux Electrices (Februar 1698).
..... Plüt a Dieu que je pusse ınonstrer mon zele non seulement en
priant, mais encor en faisant quelque chose d’agreable Mais estant peu capable
de cela, je suis rejoui que M.de Spanheim m’a donne occasion de marquer au
ınoins ma bonne volonte, en me delivrant, conformement aux intentions de la
cour de Berlin, un papier de vos Theologiens, qui est d’une composition excellente,
et que je fais valoir comme il merite, ayant deja fait des rapports qui ne seront
point inutiles, a fin qu’on y reponde comme il faut de nostre coste; quoyqu'il soit
bon de menager la chose au commencement avec beaucoup de precaution et de
secret, pour eınpecher les eclats des malintentionnes et des cabales peu Theologiennes,
qui se pourroient former a l’encontre. .. .
16.
(Vergl. Geschichte der Akademie S. 53).
Leısnız, Memoire pour les deux Electrices de Bronsvic et de
Brandebourg (Februar 1698).
[Kıorr, Die Werke von Leienız. 8.Bd. S. 53 ff.)
Puisque Madame l’Electrice de Brandebourg a maintenant toute la confiance
de Msgr. l’Electeur son epoux, il faut bien menager cette conjoncture pour rendre
ce bien durable, et pour en tirer tout l’avantage raisonnable qu’on en peut esperer.
Et comme Madame l’Electrice de Bronsvic a en toutes choses les m&mes interests
que Mad. sa fille, qu’elles s’aiment parfaitement, et qu’il est bien juste et
bien naturel que la mere assiste a sa fille de ses bons avis, il y a lien d’esperer
que toutes deux par ce moyen pourront reparer les ınaux qui leur sont arrives,
et qu’elles pourront maintenir un pouvoir dans les deux cours qui soit digne d’elles
et qui serve a employer leur grand esprit et leurs talens extraordinaires au bien
des deux Maisons et a l’union parfaite de leur ınari et fils.
Mais il faut que cela se fasse avec beaucoup de delicatesse pour eviter une
trop grande apparence et affectation qui puisse donner ombrage a l’Electeur, jaloux
avec raison de son autorite qu’il a voulu reprendre en main. Car je ne doute
point que la plus grande raison de la ditnission de son premier Ministre ne vienne
de ce que son pouvoir faisoit tort a la gloire de l’Electeur.
Or les communications par lettres estant exposces a des accidens, il seroit
bon qu’il y ait une personne de confiance et d’intelligence qui ait sujet d’aller de
temps en teinps d’une cour & l'autre pour donner reciproquement les informations
convenables a fin que le tout se fasse avec beaucoup de concert et de circonspection,
et d’une ınaniere qui ne soit point sujette a des soubgons ou ombrages.
Pour cet effect je ne saurois nommer un autre que moy. Mad. l’Electrice de
Bronsvic m’honnorant de sa confiance j’ay sujet d’en esperer autant chez Mad.
l’Electrice de Brandebourg. Je ne sgaurois me vanter d’une parfaite connoissance
des affaires presentes. Cependant on ın'en attribue quelque intelligence, puisqu’on
ine charge de temps en temps de dresser quelques ecrits sur des matieres importantes,
et quw'on croit que je puis approfondir celles dont je suis charge.
Voicy le sujet qu’on me pourroit donner d’aller de temps en temps a la
cour de Berlin. L’on sgait que je me suis distingzue d’une maniere singuliere dans
les seiences les plus profondes, que je suis depuis plus de vingt ans de la Societe
Royale de Londres, que je devois estre de l’Acadeınie Royale des Sciences de Paris,
que Jay une grande correspondance avec les plus scavans du temps, et que mes
produetions ont este extremement applandies en France, Angleterre et Italie.
Ainsi comme linspection de la fameuse bibliotheque de Wolfenbuttel ıne
donne sujet d’y aller de temps en temps, de meme quelque intendance sur les