506 1611 212.
Mai 28 audict s.” empereur, je m’en remettois a sa commodit6 et discretion.
L’ayant faict il retourna vers moy et me demanda, si je voudrois
entreprendre un voyage pour le service dudict s." empereur vers \.
M.“, de quoy m’estant excuse sans en avoir expres commandement et
conge, il m’envoya ce billet pour l’obtenir de V. M.'*, m’enseignant
d’user de diligence et de tenir la chose secrete, autant que faire *
pourra, afin qu’estant penetree par les Espagnolz, ilz ne la travorsent.
comme ilz sont coustumiers de faire pour parvenir a leurs desseings.
lesquelz tendent a l’entiere ruine des autres aussy bien qu’a la sienne;
il espere que V. M.' et mess.’ de Son conseil s’employeront tant
plus volontiers pour empescher qu’ilz ne reussissent. Je represente
laffaire nuement et simplement, madame, et attens la-dessuz Vos
commandemens, que j'executeray avec la promptitude et fidelit6 que
je doy. — Le jour precedent le couronnement dudict 3.” roy retournerent
en ceste ville ses commissaires avec la conclusion de l’accord are
ceux de Passaw moyennant cent cinguante mille tallere qu’on leur
doit fournir dans huit jours pour tout ce qui leur est deu, n'estant
compriz dans iceluy de tous leurs principaux chefz que le comte
d’Althaim,! et les nonces et l’ambassadeur d’Espagne traitent separdement
la reconciliation de l’archiduc Leopold, qui a envoy& icy le s.'
Mirabaldo Napolitain, gentilhomme de sa chambre, pour la faciliter.”
L’on tient que ledict 8.” roy prendra a son service deux mille hommes
de pied desdictz soldatz de Passaw, sans que l’on sache encores a quell®
fin il veult augmenter ses forces, si ce n’est pour aiouster la couronne
imperiale a ses autres couronnes. De Prague le 28.° de may 1611." —
Pıaes. 10. juin.
Pa., Harlay, no. 238, vol. XII, f. 183; Or. eigh.?
ı Vgl. no. 209.
?” Beglaubigung Mirabaldos beim Kaiser, beim König, bei Zuniga und bei
den Nuntien vom 20. Mai (Ib., Ambraser Akten, Leopoldinische Hofkonsepte
von 1611, f. 184 ff.; Kptkopie).
® Gleichzeitig schreibt Baugy an Puysieulx: „Je prie m.” de Preaax
de faire courir ceste despesche en diligenre, parce que l’empereur le desire
ainsy, afin que j’en rocoive responce promptement, m’ayant faict dire ontre
le contenu dans la lettre que j’escry a la royne, que pour accelerer mon
voyage et en couvrir le subject aux Espagnolz, il auroit a plaisir que l’oa
me «depeschast un courrier expres, comme si jestois rapelle pour quelque
autre occasion ou quil m’aportast conge Je faire vistement un toor en
France pour mes affaires particuliers, au quel cas il seroit a propoz, quil
fust charge do lettres de Leurs Ma.t** audict s." empereur pour le prier de
m’en donner permission, en me faisant scavoir en chifre separement, ce que
’on voudra que j’entende et que je face devant mon partement. Je laisse
a Ja prudence de Sa Mat‘ et de mess.” du conseil de considerer l’honnesteto
et l’utilit& des propositions que pourra faire ledict 8.” empereur; celä
diray je seulement que lesdietz Espagnolz, nonobstant qu'il semble reduict a
ure extreme misere, taschent encores aujourd’huy de le gagner pour
parvenir plus facilement a leurs desseings et que leur estant contraire
comme il est I’on se pourroit ayder de son nom, pour les traverser et
aßseurer par ce moyen nostre repos en France, en leur taillant de la besongne
ailleurs, comme l’on fera sans faute, si on les empesche de faire tomber la