508
„Point, et si vous voulez des Attestations de la De-„moiselle
de Gracvenitz, de sa Mere, de ses Soeurs
„et de ses Freres, je vous les ferai tenir ete.
Il est facile à conceroir le bruit due cctte Lettre
a fait d’abord, mais on en est bien-töt resté Ià, et Foubli
y a succedé. Nous vivions dans unc espece de
. Limbes, lorsque tout d'un coup arriva la nouvelle d'une
Commission Imperiale dui devoit venir nous rendre
visite. Les plus déeterminés en fremirent, et le courage
s'écarta à mesure que la Commission aprochoit. La
Cour étoit à Neslick, Maison de Chasse, lorsquc je
reçqus des ordres pressans de m'y rendre: Son Allesse
me sit part de cette nouvelle, ou plütöt de Tembarras
qu'elle lui causoit. Elle me dit que tous ses Ministres
Fabandonnoient, et qu’Ellc se trouvoit au desespoir, ne
sachant comme se lirer Tun pas aussi scabreuxg; j'eus
Iihonneur de lui répondre que je ne doutois aucunement
de la capacité de ses Ministres et de leur fidclité; mais
due je trouvois difficile à conseiller, lorsdufil n-y avoit
Plus de tems pour réllechir: due pour moi jene voyois
duc trois chemins qui pussent mener à quelquc but. Le
premier, lui dis-—je, d'abandonner enlierement la Comhlessc,
et de lui assurer un revenu convenable à son
rang et à ses dépenses: que je W’ignorois point les senimens
de constance et le point dhonneur qu'on tacholt
de lui inspirer; mais que la Haélité n'étoit belle quc lors
du'elle se tronvoit accompagnér de la Haison, et que
IAmour devoit se taire, duand T’autre paroissoit: qdue
los Maximes d'’Etat et de Cloire étoient ce qu'un Grand
Prince devoit aimer el considerer. Oue le second
chemin, plus périlleux, quoique plus doux pour un