Rom. Fulda. 37
puisque c'est un document qui n’est pas dirige directement au Pape, mais
qui dapres sa nature m&me doit me servir pour prouver mon caractere
offieiel partout od il pourroit Etre necessaire.. Aussi a-t-on fait la mäme
chose avec la lettre patente de V. M., alors que je vins ici. J’ai appris
depuis qu’on a eu beaucoup de conferences sur cette affaire et qu’on a
voulu mettre Prince hereditaire d’Urange actuellement regnant dans les Etats
de Fulda etc. etc., mais que m&me on a cru aller trop loin en disant tout
court regnant dans Fulda. Si j’ose dire mon opinion, je crois que le parti
qu’on a pris vaut mieux, et que, si on ne vouloit pas dire complique et
naturellement Prince de Fulda, il valoit mieux laisser croire qu’on ait omis
ce titre pour abreger ceux qu’on avoit & donner. Toute autre expression
auroit dü Etre remarquee; mais quant & la seule omission, on peut faire
semblant de l’ignorer, si on ne juge & propos d’entrer en discussion sur ce
point. Je n’ai fait aucune r6ponse A la Note regue, mais je me suis content6
de faire mon rapport au Prince, dont j’attends A present les instructions.
Ce parti me paroissoit le plus sage sous tous les rapports. J’ai cependant
pris la libert6 d’observer au Prince que je croyois que la Cour de Rome,
tres obstinde sur tout ce qui est formalite, cEderoit difficilement sur ce point
et qne selon moi aucun prince de l’Allemagne n’avoit besoin d’etre [reconnn?!
premitrement par le pape; mais que tout devoit supposer plutöt
de l’etre, jusqu’& ce que la Cour de Rome refusoit formellement cet acte et
ne le dissimuleroit pas seulement comme apr6sent d’une manitre foihble et
vraiment petite.
Au surplus le Prince d’Orange-Fulda est jusqu’ici le premier Prince
qui soit en effet entr6 dans une relation officielle avec le Pape sur les
pais d’indemnisation, et je n’ai trouv6 aucune difficult6 & faire exp6dier ces
jours ei quelques affaires ecclösiastiques pour lui aupres des tribunaux d’ici.
Je ne puis me dispenser de mander & cette occasion encore & V. M.
une autre observation que m’a fait le Card. Becrst. d’Etat. Encore avant
cet ineident, il me parla un jour de la lettre patente que je lui ai portee
de la part de V. M., et il me dit en confiance qu’il ne pouvoit me dissimuler
qu’il avoit &t€ etonns de ce que dans ce tems il n’avoit pas eu une
lettre directe pour le Pape ou pour lui, et que la forme m&me de cette
lettre patente avoit, s’il osoit le dire, quelque chose de frappant. 1 cita
alors les paroles latines, Rogamus et requirimus caetera. Il ajouta qu’il
croyoit que cette formule venoit des tems oü la Cour de Rome avoit fait
diffieult& de reconnoitre les Agens de Cours protestantes; mais qu’apresent,
comme cette difficult6 ne subsistoit plus, il lui paroissoit juste qu'aussi les
Cours protestantes de leur cöt& ne fissent pas difference, que par respect
pour V. M. il n’avoit voulu faire aucune observation sur ce point insignifiant
en lui m&me, mais qu’il desireroit que ce style ne füt pas imite par d’autres
(‘ours dans le moment prösent. Je lui ai repondu l& dessus que le ministere
de V.M. n’avoit fait que suivre l’uzage etabli et que, quoique je
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