1803
Juli 30
12 Urkunde No. 623.
que V. M. et que 8. Alt. Ser. l’Eleceteur de Baviöre [n’]!) avoit fait & ce
sujet que declarer [cela) formellement au nonce & Vienne, il me nomma
m&me parıni les ministres qui avoient form& des oppositions contre ce projet
de la Cour de Rome, le ministre de V. M. & la cour de Vienne; mais
comme il se brouille souvent quand il parle des aflaires d’Allemagne, et
qu’il confond les differents princes ensemble, je ne sais sil me se trompe
point dans cette assertion.e Il ajouta que malgr& cela le Pape ne pourroit
gueres se resoudre ou & se desister de son plan ou & en faire des exceptions
particulieres, ce qui, puisque tous demanderoient la m@me exception,
dans le fond reviendroit au möme: il avoua que certainement il dtoit extrömement
flatteur pour le supr@äme pontife que tant de princes puissants
vouloient bien former des instances aupres de lui; mais que d’un cöt6 son
devoir, de l’autre son interet et celui de l’Cglise lui prescrivoient imp6rieusement
la marche qu’il avoit & tenir. Comme j’en lui demandai?) des explications
ulterieures lA dessus, il me dit que, des lo commencement des
operations de la Deputation de l’Empire, le Pape avoit solemnellement promis
& l’Empereur de ne vouloir regler les affaires ecclesiastiques d’Allemagne
que selon les voix de l’Empire, et qu’il avoit fait la möme promesse au
premier Consul que l’Rleeteur Archichancelier avoit engag6 & intercdder en
faveur du clerg6 d’Allemagne aupres du pape. J’ose cependant, si V.M.
me permet cette observation, croire que le Cardinal Consalvi presente ce
dernier fait un peu autrement qu’il n’est, car il est infiniment plus vraisemblable
que la Cour de Rome elle m&me ait täch& de gagner la France
pour ses interöts, et je doute tres fort de ce que l’Eleeteur Archi-Chancelier
dut vraiment desirer de negocier avec un nonce papal A Ratisbonne. Outre
cet engagement deja pris, continua le Cardinal, le St Siege ne sauroit negliger
son propre interet jusqu’& ne pas preferer de contracter plutöt un
engagemeut avec l’Empire qu’avec les Princes en particulier, puisque pourtant
dans le premier cas il lui restoit le recours aux tribunaux et A la
Diette de l’Empire, s’il s’eleveroit jamais quelque differend entre lui et un
prince seeulier. Il me cita & cet €gard l’exemple de l’6v&que de Wurtzbourg
qui dans ce moment cherchoit cet appuy contre l’Electeur de Baviöre.
Je lui observai la-dessus, en me bornant tonujours & ne parler que des 6tats
de V. M. seuls, que, quant aux relations avec Elle, la bonne harmonie entre
V.M. et le pape etoit trop bien e&tablie pour qu’un cas semblable puisse
jamais arriver, et je lui fis sentir que le pape devoit trouver une garantie
bien plus süre dans la justice et la generosit& de V. M. que dans les liens
foibles et impuissans de l’Empire. Il protesta alors qu’il 6toit trop penetre
des sentimens bienveillants de V. M. envers la Cour de Rome et trop plein
de respect pour Elle, pour avoir voulu faire ces reflexions & l’&gard d’Elle
et de Ses 6tats; mais il insista qu’il falloit avoir ici devant les yeux l’ensemble
de la chose et non les explications particulieres, et il ajouta qu’il
1) Lücke in der Dechiffrirung. 2; Vorlage: »demandoit«.