Politijches Testament Friedrichs des Großen von 1752. 27
dans la mollesse, pour qu'il s'engraisse de la substance
du peuple et quril Soit heureux, pendant que tout le monde
souffre. Le souverain est le premier serviteur de
I'Etat; est bien payeé pour qu'il soutienne la dignité
de son Ccaractère; mais on demande de lui qu'il travaille
efficacement pour le bien de PEtat et quril gouverne
au moins avec attention les principales affaires. U lui
fkaut sans doute des secours; le travail des détails est
trop vaste pour lui; mais il doit ecouter les plaintes de
tout le monde et faire rendre prompte justice à ceur
qu'on veut opprimer.
Nous avons ici le Grand Directcire, les colleges de
la justice et les ministres du cabinet qui envoient tous
les jours leurs depêches au souverain avec des mémoires
plus détaillées sur les affaires qui demandent sa décision.
Les ministres exposent méme le pour et le contre dans
les Cas litigieux ou difficiles, ce qui met le souverain
en état de prendre son parti du premier coup droell,
pourvu du’il se donne la peine de lire et de bien entendre
Daffaire proposée. Un esprit juste saisit avec
lacilic le point capital d’une qduestion. Cette méthode
d’expedier les affaires est préférable à Pusage des conseils
quron pratique ailleurs, à cause due ce n'est pas
des grandes compagnies que résultent des avis sages,
due les ministres ont entre eux des intrigues qui les
divisent, que des haines et des passions de particuliers
se melent dans les affaires de l'Etat, due leur facon de
débaure les alfaires par des disputes souvent trop vives
y répand des fénebres au lieu d'y apporter des lumieres,
et qu'enfin le secret, qui est Fäme des affaires, n’est
jamais bien garde par tant de personnes.
I1 peut etre bon dans des cas embamassants de consulter
un ministre qdu’on Croira le plus sage et le plus
expérimente; si on en veut consulter un autre, due ce
scit séparément, pour ne point jeter par la preiérence