1806
Mai 21
530 Urkunde No. 920.
ötre un ou deux autres Cardinaux encore, il 6toit aussi bien qu’impossihle
d’apprendre ce qu’on avoit dessein de derober A ma connaissance, et je
n’ose decider moi-meme si l’assertion du Cardinal Secretaire d’Etat est vrar:
ou si cette idee n’a &t& reveillde que par ma nouvelle nomination. Quoigqn'!
en soit, les ordres que V. M. a daign€ me donuner dans mes instructions
sont entierement positifs et, quoiqu’il n'’y soit pas fait mention express
d’un simple agent ou charge d’affaires tel qu’une cour seculitre peut lervoyer,
je suis persuade que tout envoy d’un agent papal destine & reid:r
& Berlin ou dans les Etats de V. M. seroit entiörement nuisible a ses interet:
et pourroit devenir une source d’inconv6niens tres graves.
Je me suis donc cru en devoir de ne pas passer legerement sur certc
id6e, mais de la combattre de toutes mes forces et de la detruire, sil etoit
possible, et surtout de faire que l’acte de reconnoitre mon nouveau titre
n’y fut li&E en aucune maniere, mais que cette occasion servit au contrair:
a öter & la cour de Rome l’espoir dont elle pouvoit peut-&tre encore
flatter. Je commengai donc par rappeller au Cardinal la negociation entamr:
en 1797!) sur un semblable projet et je tächai ainsi d’eviter & discuter d«
nouveau, quoique verbalement seulement, un point dont la discussion n:
peut devenir que desagr6able, puisqu’il touche directement les principes sur
lesquels il est presqu’impossible que la Cour de Rome puisse avouer jamü:
de convenir avec une Cour protestante; mais comme le Cardinal Seeretar:
d’Etat se plaignit de la nöte que l’Abb6 Ciofani avoit remise en 179‘.
comme il insista qu'il faloit pourtant entre Cours Souveraines observer une
certaine r&eiproecit6, et qu’il ajout& qu’aucune Cour n’6toit jamais allee ai lein
de ne pas m&me vouloir admettre un simple charge d’affaires du Pape: je
vis bien que, si je ne voulois pas negliger l’ordre que V. M. m’a donne d
combattre partout une pareille idee, il faloit aborder franchement la question
et je le fis sans hesiter.
Je declarai au Cardinal que V. M. avoit donne et donnoit encore fre
quemment des preuves des €gards qu’Elle daignoit avoir pour le Pape commt
Souverain et möme comme Chef d’une religion & laquelle Elle accordoit unt
lihert6 entiere et une egalit6 parfaite de droits dans Ses Etats, mais qut
la Cour de Rome ne sauroit nier elle-möme que ses relations avec les autre:
Etats avoient cela de particulier que presque le seul inter&t qu’elle y prenoit.
regardoit tonjours leurs propres sujets et que les droits qu’elle y preterdoit,
touchoient, on ne peut pas de plus pr&s, aux droits souveraing eur
mö&mes, et que par cette eirconstance ces r6lations devenoient d’une delicatesse
extr&öme; les sentimens personnels du St. Pere, continuai-je, &toient &
la verit6 un sür garant qu’aucun de ses agens n’essayAt pas meme d’empieter
sur les droits que la Cour de Rome ne possedoit point; l’observation qui
le Cardinal Secrestaire d’Etat m’avoit faite qu’une Cour pouvoit facilemet
1\ Cfr. Bd. VII, No. 304, u. a. m.